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Brussels Pride : trois artistes violemment agressées par un groupe de jeunes après leur spectacle

Brussels Pride : trois artistes violemment agressées par un groupe de jeunes après leur spectacle

Trois performeuses de la Brussels Pride ont été attaquées par une vingtaine de jeunes dans les rues de Bruxelles, quelques minutes après avoir quitté la scène. L'agression homophobe ternit la 30e édition de l'événement qui avait rassemblé 216 000 personnes.

Trois artistes ayant performé lors de la 30e édition de la Brussels Pride ont été victimes d'une violente agression homophobe samedi soir dans les rues de Bruxelles, quelques minutes seulement après avoir quitté la scène principale de l'événement. Les deux drag queens Diva Beirut et Sherine Falasteen, ainsi que la DJ transgenre Anira Orlando, ont raconté sur les réseaux sociaux avoir été attaquées par un groupe d'une vingtaine de jeunes alors qu'elles se dirigeaient vers leur véhicule. Les faits se sont produits à environ sept minutes de marche du lieu du spectacle, dans un quartier pourtant animé de la capitale belge.

"À seulement 7 minutes de la scène de la Pride, on s'est fait attaquer par une bande de gamins, peut-être 14 ans maximum", a témoigné l'artiste libanaise Diva Beirut, suivie par plus de 48 000 personnes sur les réseaux sociaux. Dans une série de publications sur ses Stories Instagram, la drag queen a partagé une photo d'elle avec un mouchoir ensanglanté, décrivant une scène d'une violence croissante qui a rapidement dégénéré.

"Au début, ils étaient 7, puis ils ont commencé à en appeler d'autres, et d'un coup, il y avait plus de 25 personnes en train de nous attaquer dans la rue. Ils m'ont lancé un vélo dessus, m'ont poussée au sol et ont commencé à me frapper, tout en criant des insultes homophobes", a détaillé Diva Beirut, précisant qu'il s'agissait de la première agression physique qu'elle subissait dans sa carrière de performeuse. Les trois artistes ont subi des blessures, dont des contusions et des coupures au visage.

L'attaque a immédiatement suscité une vague d'indignation au sein de la communauté LGBTQIA+ et au-delà. Les organisateurs de la Brussels Pride ont fermement condamné ces faits de violence et de haine, rappelant que l'événement existe précisément pour défendre les droits et la sécurité des personnes queer. La police de Bruxelles-Capitale-Ixelles a confirmé avoir été informée des faits et a indiqué qu'une enquête était en cours pour identifier les agresseurs, dont les victimes estiment qu'ils étaient des mineurs d'une quinzaine d'années.

Cette agression intervient paradoxalement au terme d'une journée historique pour l'événement. La 30e édition de la Brussels Pride a en effet rassemblé 216 000 personnes samedi dans les rues de la capitale, selon les chiffres communiqués par visit.brussels. Un record absolu pour la manifestation, qui avait réuni environ 70 000 participants l'année précédente. Sous le slogan "When Times Get Darker, We Shine Brighter", le cortège avait défilé dans une ambiance festive malgré une météo menaçante, les rues se parant de drapeaux arc-en-ciel et de paillettes multicolores.

Pour les organisateurs, le thème choisi cette année résonne désormais de manière tragiquement prémonitoire. Dans leur communiqué de condamnation, ils ont souligné que la Brussels Pride ne se résume pas à une fête, mais constitue avant tout un acte de protestation et de visibilité dans un contexte où les droits des personnes LGBTQIA+ sont remis en cause dans de nombreux pays. "La Pride, c'est aussi la protestation", rappelaient-ils déjà en début de journée, avant même que les violences ne surviennent.

La VRT a confirmé de son côté que les trois artistes avaient été victimes de violence homophobe, qualifiant l'événement d'agression par une vingtaine de jeunes qui les ont frappées et insultées. L'incident ravive le débat sur la sécurité des personnes LGBTQIA+ dans l'espace public bruxellois, alors que les associations de défense des droits signalent une augmentation des agressions à caractère homophobe et transphobe ces dernières années en Belgique.

Les trois artistes ont annoncé leur intention de porter plainte. Des témoins de la scène sont invités à se manifester auprès de la police locale. L'incident rappelle que, trente ans après la première Pride bruxelloise, la lutte contre les violences envers les personnes LGBTQIA+ reste un combat quotidien, y compris au coeur d'une capitale européenne qui se veut pionnière en matière de droits et de diversité.

Sources

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