Le Valais se mobilise face aux laves torrentielles, ces coulées de boue et de pierres particulièrement dangereuses qui dévalent les vallées alpines. Le Grand Conseil valaisan vient en effet d'accepter un crédit supplémentaire de plus de 23 millions de francs, tandis que des chercheurs planchent en parallèle sur de nouvelles méthodes pour mieux anticiper ces phénomènes soudains.
Sur le terrain de la recherche, les travaux se concentrent notamment sur le site de l'Illgraben. Là, le canal est dimensionné de telle sorte qu'aucun dégât ne peut survenir. Mais ailleurs dans le monde, ces recherches pourraient contribuer à mieux protéger les maisons construites à proximité des canaux, là où les coulées représentent une réelle menace.
L'une des principales découvertes concerne le comportement de ces coulées. Les vagues grossissent à mesure qu'elles descendent dans la vallée, et peuvent atteindre jusqu'à 3 mètres de haut. C'est surtout l'utilisation de sismomètres qui pourrait permettre de mieux anticiper ce type d'événement, en captant les microséismes provoqués par l'écoulement violent des laves torrentielles.
Ces mesures visent à améliorer les modèles utilisés pour étudier le phénomène. Selon les spécialistes, lorsqu'il y a de petits écoulements, le bruit qu'ils génèrent est capté par les capteurs placés dans le bassin versant. Cela permet de gagner de précieuses minutes: jusqu'à une dizaine selon les sites, un délai qui peut s'avérer crucial pour donner l'alerte à temps.
L'enjeu est de taille pour le canton, où une soixantaine de lieux critiques ont été identifiés. Une meilleure connaissance de ces coulées permettrait non seulement de protéger davantage la population, mais aussi, potentiellement, d'économiser beaucoup d'argent pour les cantons concernés par ce risque naturel récurrent.
L'urgence est d'autant plus concrète qu'à Lourtier, dans le Haut-Val-de-Bagnes, près de 400 habitants avaient été impactés l'été dernier après plusieurs laves torrentielles. La sécurisation des lieux, qui passe par de nouvelles galeries, de nouveaux ponts et des digues, a déjà commencé et coûtera cher. C'est précisément pour la financer que le crédit supplémentaire de plus de 23 millions de francs vient d'être débloqué par le Grand Conseil valaisan.
