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Les hangars à tabac de la Broye, un patrimoine qui se réinvente

Les hangars à tabac de la Broye, un patrimoine qui se réinvente

On recense plusieurs centaines de hangars à tabac dans la Broye, pour la plupart construits entre 1940 et 1960 grâce à des subventions. Délaissés après le tournant des cultures dans les années 90, beaucoup sont aujourd'hui transformés en logements, témoins d'un patrimoine architectural local.

Les hangars à tabac font partie intégrante du paysage de la Broye, où l'on en recense aujourd'hui plusieurs centaines. Longtemps purement utilitaires, ces bâtiments sont devenus au fil du temps un élément reconnaissable de la région et un témoignage de son histoire agricole, au point que leur conservation et leur transformation suscitent désormais un intérêt croissant chez les propriétaires comme chez les amateurs de patrimoine.

La majorité de ces hangars ont été construits entre 1940 et 1960. Auparavant, le séchage du tabac se faisait un peu partout, dans des granges traditionnelles qui servaient au remisage des machines ou du fourrage, ainsi que dans les galetas des maisons. Les planteurs faisaient en effet sécher les feuilles de tabac là où ils le pouvaient, sans installation dédiée à cette étape pourtant déterminante.

Or, dans une région réputée brumeuse comme la Broye, ce séchage improvisé se faisait au détriment de la qualité du tabac. Pour améliorer la production, alors en plein essor, la Confédération et le canton ont décidé d'octroyer des subventions destinées à la construction de hangars adaptés, capables d'offrir de meilleures conditions de séchage aux planteurs de la région.

La mesure a rencontré un franc succès. Rien que dans la Broye, plus de 350 séchoirs ont été construits en l'espace de quelques années, transformant durablement le paysage rural. Ces bâtiments, pensés pour répondre aux besoins d'une culture en expansion, sont ainsi devenus un marqueur caractéristique de la région et de son activité économique de l'époque.

La donne a changé dans les années 90, avec une réorientation des cultures vers le Virginie, un tabac blond qui requiert un autre mode de séchage. De nombreux hangars, devenus inadaptés, ont alors été laissés à l'abandon. Une partie de ce patrimoine s'est ainsi retrouvée sans usage clair, en attente d'une nouvelle vocation pour ne pas tomber en désuétude.

Ceux situés au centre des villages éveillent particulièrement les convoitises, grâce à leurs grandes surfaces au sol et à leurs volumes généreux, et les projets de transformation se multiplient. Un propriétaire raconte avoir aménagé son hangar, long de 25 mètres, large de 10 et haut de 10, soit 250 mètres carrés exploitables sur trois niveaux, en s'efforçant de conserver toute la poutraison grâce à des câbles métalliques placés dans les dalles en béton pour relier les deux façades.

Pour beaucoup, l'enjeu est de transformer ces bâtiments qui ne servent souvent plus qu'à entreposer des machines, voire des camping-cars, tout en restant au plus près de leurs origines. Si certains les réhabilitent, d'autres s'en inspirent pour de nouvelles constructions, ce qui confirme l'importance du hangar à tabac dans le patrimoine architectural local et la volonté de préserver cette mémoire bâtie.

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