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Lait infantile contaminé: la Suisse veut renforcer les contrôles

Lait infantile contaminé: la Suisse veut renforcer les contrôles

Le scandale du lait infantile contaminé à la cérulide relance en Suisse le débat sur la sécurité alimentaire. Une motion vise à renforcer les contrôles et la transparence, alors que les rappels de produits Nestlé et Danone ont tardé et révélé des failles.

Le scandale du lait infantile contaminé pousse désormais la Suisse à vouloir durcir ses contrôles alimentaires. Une motion déposée au Parlement entend renforcer la surveillance et la transparence, alors que l'affaire, qui implique les géants Nestlé et Danone, a mis en lumière d'importants retards et de réelles failles dans la gestion de la contamination.

La motion cherche à répondre à deux problèmes majeurs. D'une part, le délai avec lequel le public a été informé, qui pose véritablement question. D'autre part, le manque de données disponibles sur l'origine des ingrédients, des informations qui ne sont pas rendues publiques et que les autorités doivent réclamer directement aux entreprises. Soutenue par le Conseil fédéral, la motion doit encore franchir l'étape du Conseil national avant de pouvoir renforcer les contrôles.

Du côté des industriels visés, Nestlé affirme être aligné avec l'objectif de la motion, expliquant que ses procédures de qualité et de contrôle ont permis de détecter un problème jusque-là inconnu et d'alerter les autorités compétentes ainsi que l'ensemble de l'industrie. Son concurrent Danone, également concerné, se dit pour sa part prêt à soutenir les autorités compétentes dans leurs démarches.

Le déroulé des faits met toutefois en cause la rapidité de réaction des entreprises. La toxine, la cérulide, a été découverte le 30 novembre 2025 aux Pays-Bas, mais les fabricants ont mis plus d'un mois à rappeler les produits contaminés. En Suisse, les rappels publics ont eu lieu le 5 janvier pour Nestlé et seulement le 5 février pour Danone, soit environ deux mois après le début de l'affaire.

Les autorités suisses ont par ailleurs dû se battre pour obtenir les informations nécessaires. Une réunion tenue le 11 février a réuni l'Office fédéral de la sécurité alimentaire, le laboratoire cantonal de Zurich et Danone, autour du cas d'un nourrisson suisse présentant des symptômes de contamination. Selon le compte-rendu de cette rencontre, l'Office a menacé de saisir les laits infantiles de la marque si l'entreprise ne fournissait pas les données demandées avant le lendemain 8 heures, des informations qu'il réclamait visiblement depuis un certain temps.

L'affaire a également révélé des manquements du côté des autorités. Aucune boîte suisse n'a été analysée, faute pour l'Office fédéral de la santé publique d'avoir pris l'affaire suffisamment au sérieux à temps. Plus problématique encore, la cérulide ne fait pas l'objet d'une déclaration obligatoire de la part des pédiatres et des médecins cantonaux, ce qui signifie que les autorités ne sauront jamais combien de nourrissons ont réellement été contaminés.

Pour les parlementaires, ce dossier illustre surtout un manque de transparence, les autorités ayant été contraintes d'aller chercher l'information auprès des entreprises. Si la motion venait à être adoptée, les contrôles alimentaires pourraient être sensiblement renforcés, afin de combler certaines des lacunes que ce scandale a mises au grand jour.

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