À quelques heures de son entrée en lice à la Coupe du monde organisée aux États-Unis, la sélection suisse termine sa préparation dans des conditions inhabituelles. La principale difficulté reste la chaleur: l'équipe attend entre 34 et 35 degrés dans la région de San Jose, où se disputeront certaines rencontres, une zone située à l'intérieur des terres et donc plus chaude que la côte, avec en prime des coups d'envoi programmés à midi.
Cette chaleur bouscule jusqu'aux habitudes de jeu de la Nati. Pour faire circuler le ballon plus vite, le staff a pour habitude d'arroser la pelouse avant les matchs, mais il s'est aperçu qu'avec de telles températures, le terrain redevient sec après une dizaine de minutes seulement. Des conditions bien différentes de celles que les joueurs connaissent lorsqu'ils évoluent en Europe, et auxquelles il faut s'adapter au plus vite.
Le tournoi présente aussi un défi logistique inédit, puisqu'il se déroule sur trois pays: les États-Unis, le Mexique et le Canada. Selon le directeur de la sélection, le décalage horaire a constitué l'aspect le plus délicat des premiers jours. L'équipe a eu besoin de quelques journées pour retrouver un rythme, et le choix d'arriver la veille du premier match à San Diego visait justement à se laisser le temps de s'acclimater.
Autre nouveauté, les pauses fraîcheur instaurées en cours de match. Lors du match amical face à l'Australie, conclu sur un nul 1-1, cette interruption n'a pas forcément servi les intérêts suisses: dominante jusque-là, la Nati a ensuite davantage subi, alors qu'elle avait le contrôle de la rencontre. Le staff reconnaît toutefois que, par forte chaleur, ces pauses peuvent faire du bien aux organismes.
La préparation n'a pas été exempte de turbulences. L'attaquant Breel Embolo n'a pas pu fouler le sol américain immédiatement en raison d'un problème de visa, et un départ de feu s'est par ailleurs déclaré à proximité de l'hôtel de l'équipe. Le directeur de la sélection a tenu à relativiser, expliquant qu'il ne fallait pas gaspiller d'énergie sur ce que l'on ne peut pas contrôler, et que le cas Embolo allait forcément se régler. Selon lui, l'équipe comme le staff ont bien réagi sans se laisser perturber.
Le capitaine Granit Xhaka a lui aussi marqué ces derniers jours en pointant un manque d'intensité lors des premiers entraînements. Pour le directeur, il est sain que certains cadres secouent le groupe. Il rappelle que Xhaka, qui doit disputer son 146e match avec la sélection, possède une immense expérience, et attribue en partie ces débuts en demi-teinte au décalage horaire qui a touché tout le monde. Il assure que les deux dernières séances ont constitué une vraie réponse, avec une nette montée en qualité et en puissance.
Pour la Suisse, ce rendez-vous américain a une saveur particulière: il s'agit de sa deuxième Coupe du monde aux États-Unis, et les supporters gardent un souvenir marquant de l'édition de 1994, il y a 32 ans, qui avait signé le grand retour de la sélection après 28 ans d'absence. Depuis, l'équipe a beaucoup progressé. Si la simple participation n'est plus un objectif en soi, le directeur fixe comme ambition réaliste d'atteindre un quart de finale, tout en s'autorisant à rêver d'aller plus loin, à l'image de cette saison du championnat suisse remportée par un promu venu de Ligue B.
