Des milliers de personnes ont convergé ce dimanche vers Genève pour manifester contre le sommet du G7, qui doit s'ouvrir lundi de l'autre côté de la frontière, à Evian. La ville suisse avait été choisie pour accueillir les opposants au rassemblement des grandes puissances, et une importante manifestation s'y est déroulée dans l'après-midi avant de connaître une fin mouvementée.
En cette fin de journée, la situation s'est tendue et des affrontements ont éclaté entre une partie des manifestants et les forces de l'ordre. La police a tiré du gaz lacrymogène pour disperser la foule, tandis que certains protestataires s'en sont pris à des vitrines de banques. D'autres ont incendié une voiture de la marque Tesla, geste dirigé contre les symboles de la richesse que la manifestation entendait dénoncer.
Malgré ces incidents en toute fin de cortège, le rassemblement s'est globalement déroulé dans le calme, réunissant environ 15 000 personnes selon les estimations. La grande majorité des participants ont défilé sans heurts, portés par une même hostilité à l'égard du sommet qui se tient à quelques kilomètres de là.
Pour beaucoup de manifestants, le G7 incarne une réunion réservée aux plus fortunés, au détriment des populations les plus modestes. L'un d'eux y voyait une rencontre destinée à montrer comment les riches peuvent s'enrichir davantage, laissant les pauvres de côté, quand une autre estimait que les femmes en particulier avaient plus que jamais besoin de manifester contre ce qu'elle qualifiait de pouvoir de l'argent.
Pendant trois jours, les sept dirigeants parmi les plus puissants de la planète doivent aborder à Evian plusieurs thématiques économiques et diplomatiques. La situation au Moyen-Orient figure en tête de l'ordre du jour, alors qu'un accord de paix entre Washington et Téhéran reste attendu et que la région demeure sous tension.
Les conséquences économiques de cette crise doivent également peser sur les discussions, notamment le blocage du détroit d'Ormuz, qui pèse sur l'économie mondiale et dont les conditions de réouverture pourraient être examinées. La guerre en Ukraine constitue un autre dossier majeur, le président ukrainien étant attendu pour participer à des sessions de travail consacrées au conflit.
Des organisations non gouvernementales ont par ailleurs dénoncé l'absence de plusieurs sujets au programme de ce sommet. Parmi les thèmes qu'elles jugent laissés de côté figurent les questions environnementales ainsi que la crise de la dette, qui, selon plusieurs associations, continue d'asphyxier les pays du Sud.
