L'Union européenne est parvenue à un accord sur les droits des passagers aériens, au terme de treize années de négociations, rapporte France 24. Ce compromis, présenté comme une avancée pour les voyageurs, encadre notamment les indemnisations en cas de retard important, la question des bagages et celle du placement des enfants à bord, autant de sujets qui opposaient de longue date les compagnies aériennes et les défenseurs des consommateurs.
Le principal acquis concerne l'indemnisation en cas de retard. Selon France 24, un passager qui prend l'avion au sein de l'UE et dont le vol accuse plus de trois heures de retard pourra toujours réclamer une indemnisation comprise entre 250 et 600 euros, en fonction de la distance du vol. Ce mécanisme, déjà existant, se trouve ainsi maintenu plutôt que revu à la baisse, ce que présentent les négociateurs comme une victoire pour les voyageurs.
Ce maintien n'allait pas de soi. D'après l'eurodéputé François Calfon, membre du Parti populaire européen cité par France 24, le lobby des compagnies aériennes, soutenu par certains gouvernements, proposait de ramener l'indemnisation à 80 euros au-delà de trois heures de retard. Les négociateurs affirment être parvenus à préserver le seuil de 250 euros, voire davantage lorsque les distances parcourues sont plus importantes.
L'accord comporte aussi une mesure destinée aux familles. Selon France 24, un passager qui voyage avec son enfant ne sera plus obligé de payer un supplément pour que celui-ci soit assis à côté de lui. François Calfon a dénoncé une pratique qu'il juge choquante, celle qui revient à séparer un parent de son enfant faute de paiement, et qui, avec la réforme, deviendra gratuite pour les voyageurs concernés.
La transparence sur les bagages figure également parmi les avancées mises en avant. D'après France 24, le bagage cabine devra désormais être indiqué clairement dans le prix du billet, sans suppléments cachés. Les associations de consommateurs saluent ces dispositions, estimant qu'elles obligent les compagnies aériennes à davantage de transparence et d'information vis-à-vis des passagers au moment de la réservation.
Toutes les réserves ne sont pas pour autant levées. Selon France 24, une association de consommateurs regrette que les montants d'indemnisation, qui datent de 2004, n'aient pas été réévalués alors que l'on se trouve désormais en 2026. Elle aurait souhaité une actualisation de ces sommes afin de tenir compte de l'évolution intervenue depuis leur fixation, il y a plus de vingt ans.
Un dernier point continue de faire débat, celui des démarches à accomplir. D'après France 24, les compagnies aériennes ne fournissent pas de formulaire prérempli qui permettrait d'obtenir l'indemnisation, alors même qu'elles disposent des coordonnées des passagers, laissant à ces derniers la charge de réclamer eux-mêmes leurs droits. De leur côté, les compagnies dénoncent le coût que représente cet accord pour leur compétitivité.
