La Polynésie française a décidé de renforcer la protection de ses eaux en créant deux nouvelles aires marines protégées. L'une est située au nord de l'archipel des Marquises, l'autre au sud des îles Australes. Avec ces deux nouveaux espaces, le territoire entend préserver un peu plus sa richesse marine, considérée comme l'une des plus importantes de la région.
La mesure a des conséquences directes sur l'activité de pêche. Selon les données présentées, ce sont près de 45% de zones maritimes supplémentaires qui deviennent interdites à la pêche. Une extension considérable des espaces protégés, qui modifie sensiblement la carte des zones accessibles aux marins du territoire.
Du côté des pêcheurs du Fenua, la décision ne passe pas. Ils affirment pourtant que la protection de l'océan est aussi leur priorité. Pour le prouver, ils mettent en avant les techniques de pêche qu'ils utilisent, présentées comme respectueuses des ressources, tout en garantissant à la fois l'approvisionnement du marché local et les exportations du territoire.
Leur principal argument porte sur la localisation du véritable problème. Selon eux, le combat à mener ne se situe pas à l'intérieur de leurs zones, mais bien au-delà de la zone économique exclusive, la ZEE, l'espace maritime polynésien. C'est juste à l'extérieur de cette frontière que la pression sur les ressources serait la plus forte.
À cet endroit précis, les pêcheurs dénoncent la présence de navires étrangers capables de capturer jusqu'à 100 tonnes par jour. Toute la frontière de la ZEE serait, selon eux, occupée par ces bateaux venus de l'extérieur. C'est donc à l'international que le combat devrait se porter, estiment-ils, et non à l'intérieur des eaux polynésiennes où ils opèrent.
Les marins redoutent surtout les conséquences concrètes de ces nouvelles restrictions sur leur activité quotidienne. Ils craignent qu'à force de voir leurs zones se rétrécir, l'ensemble des pêcheurs locaux ne se retrouve concentré sur des espaces de plus en plus réduits, les uns par-dessus les autres. Le sentiment dominant est celui d'un effort qui pèse sur eux, alors que la pression la plus lourde viendrait des flottes étrangères restées hors de portée des mesures de protection.
