La France suffoque sous une nouvelle vague de chaleur, la troisième en l'espace de deux mois seulement. À travers le pays, 26 millions de personnes sont actuellement placées en alerte maximale, alors que les températures grimpent et que les autorités multiplient les appels à la prudence. Cet épisode caniculaire met à rude épreuve les habitants comme les infrastructures, et ses effets se font déjà sentir sur le réseau électrique et sur les forêts du pays.
L'ampleur du phénomène est considérable. Selon les autorités, 37 départements resteront en vigilance maximale ce lundi, signe que la chaleur ne devrait pas refluer dans l'immédiat. Cette carte d'alerte, qui couvre une large partie du territoire, traduit l'intensité d'une vague de chaleur qui s'installe et qui touche aussi bien les grandes villes que les zones rurales, contraignant une part importante de la population à s'adapter.
Ce nouvel épisode s'inscrit dans une série qui devient inhabituelle par sa fréquence. Il s'agit du troisième épisode caniculaire que connaît le pays en deux mois, une succession rapprochée qui pèse sur les organismes et complique la tâche des services de secours. La répétition de ces vagues de chaleur en si peu de temps illustre la pression croissante que la saison estivale fait peser sur la France.
La canicule a également des répercussions directes sur la production d'énergie. La chaleur a contraint ce week-end à l'arrêt de trois réacteurs nucléaires, une mesure destinée à limiter les dégâts sur les écosystèmes. Lorsque l'eau des cours d'eau utilisée pour refroidir les centrales devient trop chaude, la poursuite de leur activité menace la faune et la flore, obligeant les exploitants à réduire ou à suspendre la production.
Aux effets de la chaleur s'ajoute le risque d'incendie, particulièrement élevé en cette période. Un feu décrit comme virulent est toujours en cours dans la forêt de Fontainebleau, au sud de Paris, l'un des massifs les plus emblématiques du pays, où le brasier a désormais parcouru quelque 800 hectares et présente une ampleur exceptionnelle. D'autres incendies mobilisent par ailleurs les secours en Haute-Garonne, dans la Loire, le Loiret et la Drôme, à mesure que la sécheresse des sols et les conditions extrêmes aggravent le risque à travers le pays.
Face à ce sinistre, les moyens engagés sont importants. Environ 400 pompiers restent déployés sur le terrain pour tenter de circonscrire les flammes, et deux avions bombardiers d'eau supplémentaires viennent d'être envoyés en renfort face à un feu que les secours décrivent comme particulièrement virulent. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, est attendu sur place ce lundi, alors que l'intervention se déroule dans des conditions difficiles, la chaleur et le vent compliquant la lutte contre un incendie qui progresse près de zones habitées.
L'incendie a également des conséquences sur les transports. Dans le secteur de Châtelet-en-Brie, à proximité des autoroutes A6 et A5, le trafic ferroviaire a été fortement perturbé sur l'axe sud-est, avec des retards de plus de cinq heures et des trains annulés. Ces perturbations sont venues alourdir le bilan d'un week-end déjà marqué par la canicule et par la multiplication des départs de feu à travers le pays.
