L'été a à peine commencé que des milliers d'hectares sont déjà partis en fumée à travers le globe. La saison des incendies s'annonce cette année particulièrement précoce, favorisée par la sécheresse et par les canicules qui se multiplient, au point que 2026 risque d'être l'une des plus dévastatrices jamais enregistrées. Les premières semaines de l'été ont déjà donné un aperçu de ce que pourrait être un été à haut risque, sur plusieurs continents à la fois.
En France, l'incendie qui a ravagé la forêt de Fontainebleau, près de Paris, a surpris par son intensité, d'autant qu'il s'est déclaré dans une zone située assez au nord du pays, loin des régions méditerranéennes habituellement les plus exposées. Or le risque est désormais très élevé sur l'ensemble du territoire, signe que la menace ne se limite plus au sud et gagne des secteurs jusqu'ici relativement épargnés.
Les chiffres témoignent de l'ampleur du phénomène. Rien que le 12 juillet, 250 départs de feu ont été comptabilisés, selon le ministre de l'Intérieur, et plus de 32 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l'été. Cette accumulation, très tôt dans la saison, laisse craindre un bilan particulièrement lourd si les conditions chaudes et sèches se prolongent dans les semaines à venir.
Le reste du continent européen est lui aussi frappé. En Espagne, l'incendie qui a fait 13 morts en Andalousie est désormais fixé, mais il aura été l'un des plus intenses de l'histoire du pays, avec plus de 7 000 hectares partis en fumée. Un bilan qui illustre la violence que peuvent atteindre ces feux lorsqu'ils se combinent à des températures extrêmes et à une végétation asséchée.
Selon le système européen d'information sur les incendies de forêt, l'Europe de l'Ouest connaît actuellement des conditions très extrêmes quant au risque de déclenchement de feux, notamment en France, en Italie, en Espagne et au Portugal. Mais le phénomène ne se cantonne plus à l'Europe du Sud: les incendies remontent désormais vers le nord, touchant des régions qui se pensaient à l'abri il y a encore quelques années.
La tendance se mesure aussi à l'échelle continentale. Les superficies brûlées en Europe sont actuellement de 40 à 60% supérieures à la moyenne observée entre 2006 et 2025. Cette situation résulte de la combinaison de plusieurs facteurs: un ensoleillement intense à cette période de l'année, la formation d'une zone de haute pression et l'arrivée d'une masse d'air venue de l'ouest, qui intensifient les effets du changement climatique.
L'autre côté de l'Atlantique n'est pas épargné non plus. L'Amérique du Nord traverse une forte vague de chaleur, et des milliers d'hectares brûlent dans les forêts canadiennes du nord du Québec. Selon les experts, le phénomène El Nino, apparu en juin dans le Pacifique équatorial, pourrait avoir accentué les effets du changement climatique, contribuant ainsi aux vagues de chaleur et à la précocité de ces incendies désormais planétaires.
