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La galerie d'Apollon du Louvre rouvre après le vol des bijoux de la couronne

La galerie d'Apollon du Louvre rouvre après le vol des bijoux de la couronne

La galerie d'Apollon, la salle du Louvre où les bijoux de la couronne avaient été volés en octobre 2025, rouvre ce mercredi ses portes au public. Mais elle rouvre sans ses vitrines et sans les joyaux, désormais retirés. Décorée par Charles Lebrun et Delacroix, la galerie peut se visiter comme une œuvre d'art à part entière. La réouverture intervient sur fond d'inquiétude quant à la sécurité des musées français, après une série de vols récents.

La galerie d'Apollon, l'une des salles les plus prestigieuses du Louvre et le lieu où les bijoux de la couronne avaient été dérobés en octobre 2025, rouvre ce mercredi ses portes au public. Mais elle les rouvre amputée de ses trésors: les vitrines ont été retirées et les joyaux ne sont plus exposés dans la salle, qui retrouve les visiteurs sans les pièces qui faisaient une grande partie de sa renommée.

Même vide, la galerie demeure une œuvre d'art à part entière que l'on peut visiter pour elle-même. Décorée au XVIIe siècle par Charles Lebrun, elle a été complétée au XVIIIe par le peintre Durameau, puis enrichie au XIXe siècle d'une intervention de Delacroix. Comparée par certains à la galerie des Glaces, elle vaut le détour même privée des objets qu'elle abritait jusqu'ici.

Les joyaux qui n'ont pas été emportés lors du cambriolage ont, eux, été mis à l'abri et ne figurent plus dans la salle. L'espoir exprimé est qu'ils puissent un jour être de nouveau présentés, éventuellement ailleurs. La longueur de la fermeture, depuis le vol de l'automne dernier, interroge d'ailleurs, sans que les raisons précises de ce délai aient été clairement expliquées.

Cette réouverture intervient sur fond d'inquiétude quant à la sécurité des musées français. Ces derniers temps, les vols se sont multipliés: le musée Lalique a été cambriolé il y a deux semaines alors qu'il était réputé sécurisé, de l'or avait été dérobé au muséum d'histoire naturelle, et le musée Jacques Chirac avait lui aussi été visé, autant d'épisodes qui nourrissent les doutes sur la protection du patrimoine.

L'historien de l'art Didier Rykner, directeur de la rédaction de la revue en ligne La Tribune de l'art, rappelle que les tableaux et les dessins ne sont presque plus volés: trop lourds à transporter, invendables et inexploitables pour leur seule matière. Le vrai risque porte sur les bijoux, que l'on peut dessertir, et sur les objets en métal, argent ou or, que l'on peut fondre et donc détruire.

À ces cibles s'ajoutent les œuvres d'art chinoises, recherchées par des commanditaires en Chine et que l'on ne revoit ensuite jamais. Au-delà du cas des joyaux, l'enjeu est donc bien celui de la sécurisation des salles. Le nouveau président du Louvre a lui-même décrit un musée à bout de souffle, affirmant devoir réunir des centaines de millions d'euros de mécénat dans les prochains mois.

Une partie de cette somme, quelque 360 millions d'euros, doit financer un vaste projet de colonnade et de nouvelles entrées porté il y a quelques années par Emmanuel Macron, un chantier auquel Didier Rykner s'oppose fermement, le jugeant coûteux et néfaste. Pour lui, la priorité n'est pas cette entrée monumentale mais la sécurisation, que le Louvre s'emploie désormais à mener, la réouverture de la galerie d'Apollon en étant le premier signe visible.

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