La cour d'appel de Paris a renversé l'acquittement prononcé en première instance et reconnu Air France et Airbus coupables d'homicide involontaire pour le crash du vol AF447 Rio-Paris survenu le 1er juin 2009. Cette catastrophe aérienne, l'une des plus meurtrières de l'histoire de l'aviation française, avait coûté la vie à 228 personnes, passagers et membres d'équipage confondus.
Les deux entreprises ont été condamnées à une amende de 225 000 euros chacune, soit le maximum prévu par la loi au moment des faits. Si le montant peut paraître symbolique au regard de la gravité du drame, les familles des victimes ont salué une décision qui reconnaît enfin la responsabilité des deux géants de l'aéronautique après plus de seize ans de procédure judiciaire.
L'enquête avait établi que l'accident était dû à une combinaison de facteurs : le givrage des sondes Pitot de l'Airbus A330, qui avait provoqué des indications de vitesse erronées, et la réaction inadaptée de l'équipage face à cette situation d'urgence. La cour d'appel a estimé que tant le constructeur que la compagnie aérienne avaient manqué à leurs obligations de sécurité.
Airbus était notamment mis en cause pour avoir tardé à remplacer les sondes Pitot dont les défaillances par temps de givrage étaient connues, tandis qu'Air France était critiqué pour une formation insuffisante de ses pilotes aux procédures de récupération en cas de décrochage à haute altitude. Les boîtes noires n'avaient été retrouvées qu'en mai 2011, près de deux ans après l'accident.
Cette décision marque un tournant dans le droit de la sécurité aérienne en France. Les associations de familles de victimes ont exprimé un soulagement mêlé de tristesse, rappelant que rien ne pourra ramener leurs proches mais que la justice a enfin reconnu les responsabilités. Air France et Airbus ont annoncé examiner les voies de recours possibles.
