La canicule qui a frappe la France a la fin du mois de juin a fait au moins 2 025 morts, selon un premier bilan officiel presente ce jeudi par la ministre de la Sante, Stephanie Rist. Ce chiffre correspond a la surmortalite enregistree durant la semaine du 22 au 28 juin, au plus fort de l'episode de chaleur. Il donne la premiere mesure de l'ampleur humaine d'une vague de chaleur particulierement precoce et intense. Il confirme aussi que, malgre les plans canicule, les fortes chaleurs restent l'un des risques sanitaires majeurs de l'ete en France.
Les autorites previennent d'emblee que ce total n'est encore que partiel. Le bilan presente ne repose que sur un peu plus de la moitie des certificats de deces traites par Sante publique France, ce qui signifie que le nombre reel de victimes sera vraisemblablement revu a la hausse dans les prochaines semaines. Les epidemiologistes rappellent que l'evaluation complete de la surmortalite liee a la chaleur prend du temps, a mesure que les donnees remontent de l'ensemble du territoire. Le chiffre de 2 025 deces doit donc etre compris comme un point d'etape, et non comme un bilan definitif.
Derriere ces chiffres se dessine une hausse marquee de la mortalite par rapport a une periode normale. Sur la semaine du 22 au 28 juin, la surmortalite a depasse les 2 000 deces, soit environ 29 pour cent de plus que lors de la periode precedente. La region parisienne a ete particulierement touchee, avec une hausse de la mortalite atteignant 62 pour cent et quelque 225 deces supplementaires recenses sur la seule semaine du 22 juin. Ces ecarts illustrent la brutalite avec laquelle la chaleur a pese sur les organismes les plus fragiles.
Un signal en particulier a alerte les autorites sanitaires : la forte progression des deces survenus a domicile. Sur la periode, ces morts a domicile ont augmente d'environ 91 pour cent, un bond qui met en lumiere la vulnerabilite des personnes agees ou isolees, souvent eloignees des dispositifs de soins et de surveillance. Le manque de suivi et l'isolement de ces populations ont, selon les autorites, amplifie la gravite de la situation. C'est aussi le rappel que les premieres victimes de la canicule sont rarement dans la rue, mais bien souvent seules, chez elles.
L'episode de chaleur qui a provoque cette surmortalite s'est etendu sur une dizaine de jours. Il a concerne la France du 18 au 28 juin, avec un pic qui a fait grimper les temperatures bien au-dessus des normales de saison sur une grande partie du pays. Cette precocite, des la fin du printemps, a surpris par son intensite et a mis sous tension les hopitaux, les services de secours et les etablissements accueillant des personnes agees. Les EHPAD, en premiere ligne, ont du adapter en urgence la prise en charge de leurs residents pour tenter de limiter les degats.
Au-dela du bilan humain, la canicule a aussi durement frappe l'agriculture. Dans le nord-ouest de la France, environ trois millions de volailles sont mortes sous l'effet des fortes chaleurs, soit pres de 6 500 tonnes, laissant certains eleveurs devant des batiments decimes. Un exploitant a ainsi decrit un poulailler prevu pour 6 000 poules dont il ne restait plus que 2 000 tetes. Face a ces pertes, le gouvernement promet des prets de tresorerie pour aider les eleveurs a adapter leurs batiments a la chaleur, et la ministre de l'Agriculture entend reunir les assureurs pour accelerer l'indemnisation.
La chaleur a egalement nourri une saison des feux deja tres active, avec plusieurs milliers de departs d'incendie recenses depuis le debut de l'ete et des milliers de sapeurs-pompiers mobilises, notamment dans le sud du pays. Alors que la France commence tout juste a dresser le bilan de cette premiere vague, une nouvelle montee des temperatures est attendue des ce week-end, en particulier dans le sud du pays. Les autorites appellent a la vigilance, en insistant sur la surveillance des personnes agees, isolees ou malades. Ce premier bilan de juin, encore provisoire, sonne comme un avertissement a quelques semaines du coeur de l'ete.
