L'archipel français de Mayotte fait face à la pire recrudescence du paludisme en vingt ans. Depuis le début de l'année 2026, plus de 170 cas ont été enregistrés, touchant plusieurs zones de l'île avec une concentration particulière dans la commune de Chironghi, au sud, où un foyer potentiel de transmission autochtone a été identifié.
Dans le village de Porohani, à Chironghi, les images sont éloquentes : des eaux usées stagnantes aux odeurs nauséabondes créent un environnement propice à la reproduction des moustiques. Plusieurs habitants du quartier ont contracté le paludisme ces dernières semaines. Les moustiques nous dérangent, regardez comme ma peau est remplie de boutons, témoigne une riveraine inquiète.
Les médecins appellent à la vigilance et recommandent le port de vêtements longs et clairs, en particulier le soir et la nuit, ainsi que le nettoyage des abords des habitations. La prolifération des moustiques ne se limite pas à un seul quartier mais s'étend sur l'ensemble du territoire de Mayotte.
Sur le terrain, des agents municipaux se mobilisent pour nettoyer les quartiers et curer les égouts très souvent bouchés, conséquence des incivilités et d'un manque chronique d'entretien des infrastructures sanitaires. La commune a reconnu la gravité de la situation et les complications sanitaires qui en découlent.
Mayotte n'avait pas connu une telle explosion de cas de paludisme depuis deux décennies. La maladie, transmise par les moustiques anophèles, peut être mortelle si elle n'est pas traitée à temps. Les autorités sanitaires de l'île appellent les habitants à redoubler de prudence face à cette menace qui touche l'un des territoires les plus vulnérables de la République française.
