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RDC: l'épidémie d'Ebola approche les 800 morts, l'OMS redoute une ampleur bien supérieure

RDC: l'épidémie d'Ebola approche les 800 morts, l'OMS redoute une ampleur bien supérieure

En République démocratique du Congo, l'épidémie d'Ebola continue de se propager dans l'est du pays, plus vite que la réponse sanitaire, deux mois après l'annonce de cette dix-septième épidémie. Le bilan officiel s'établit désormais à 2073 cas confirmés et 796 décès, des chiffres qui pourraient être largement sous-évalués. Selon l'Organisation mondiale de la santé, l'ampleur réelle de l'épidémie serait au moins deux à quatre fois supérieure au nombre de cas recensés. Parmi les victimes figurent au moins 35 soignants. Au centre de traitement Ebola de Rwampara, dans le nord-est du pays, médecins, ambulanciers et fossoyeurs sont en grève depuis lundi pour dénoncer des conditions de travail dangereuses et des salaires impayés depuis un mois et demi. La communauté internationale a mobilisé un milliard et demi de dollars pour soutenir la riposte, et un essai clinique portant sur deux traitements potentiels a débuté début juillet, mais il n'existe encore ni vaccin ni remède efficace contre la souche actuelle du virus. L'épidémie s'étend désormais à deux nouvelles provinces au-delà du Nord et du Sud-Kivu, et l'insécurité complique la riposte: l'hôpital de Nyakunde a été pris d'assaut par une foule, provoquant la fuite de soignants et de patients atteints d'Ebola.

En République démocratique du Congo, l'épidémie d'Ebola poursuit sa progression dans l'est du pays, à un rythme qui dépasse celui de la réponse sanitaire. Malgré les efforts déployés sur le terrain, le virus continue de gagner du terrain, et les autorités comme les organisations humanitaires peinent à contenir une flambée qui frappe une région déjà fragilisée par l'insécurité et la faiblesse des infrastructures de soins.

Le bilan officiel témoigne de la gravité de la situation. Il s'établit désormais, deux mois après l'annonce de cette dix-septième épidémie d'Ebola dans le pays, à 2073 cas confirmés et à 796 décès, faisant de cette flambée l'une des plus meurtrières de ces dernières années. Ces chiffres, déjà lourds, ne refléteraient toutefois qu'une partie de la réalité, tant la détection des cas demeure difficile dans les zones les plus reculées et les plus exposées.

L'Organisation mondiale de la santé met en garde contre une ampleur nettement plus importante que ne le laissent penser les statistiques. Selon elle, le nombre réel de cas serait au moins deux à quatre fois supérieur à celui qui a été recensé. Les responsables sanitaires soulignent que leur capacité à détecter les contaminations s'améliore chaque jour, ce qui renforce peu à peu leur confiance dans les données, sans qu'ils puissent pour autant en garantir l'exactitude absolue.

Le personnel médical paie un lourd tribut à cette crise. Parmi les victimes recensées figurent au moins 35 soignants, morts en première ligne de la lutte contre le virus. Ce bilan illustre l'extrême dangerosité de la maladie pour ceux qui prennent en charge les malades, souvent au péril de leur propre vie, dans des conditions matérielles et sécuritaires particulièrement précaires.

La détresse des soignants s'est muée en colère au centre de traitement Ebola de Rwampara, dans le nord-est du pays. Là, des dizaines d'employés n'assurent plus qu'un service minimum: médecins, ambulanciers et fossoyeurs sont en grève depuis lundi. Ils dénoncent des conditions de travail jugées dangereuses et des salaires qu'ils n'ont plus perçus depuis un mois et demi, un mouvement qui fragilise encore un peu plus une riposte déjà sous tension.

Derrière la revendication salariale se dessine aussi une dimension humaine et familiale. Les grévistes rappellent qu'ils ont des enfants qui étudient et qui doivent pouvoir mesurer le sacrifice consenti par leurs parents engagés contre l'épidémie. Pour ces personnels, la reconnaissance de leur travail et le versement de leur dû sont indissociables de la dignité avec laquelle ils affrontent chaque jour un virus mortel.

L'épidémie, que Médecins sans frontières décrit comme celle dont la progression est la plus rapide, ne cesse d'étendre son emprise géographique. Après les provinces du Nord et du Sud-Kivu, deux nouvelles provinces ont été ajoutées à la liste des zones touchées, et de nouveaux cas sont détectés chaque jour dans l'est du pays, issus de chaînes de transmission inconnues, ce qui rend le suivi des malades particulièrement difficile. Selon les autorités, environ 65 pour cent seulement des cas contacts sont surveillés, un chiffre encore loin de l'objectif de 90 pour cent jugé nécessaire pour stopper la propagation, malgré le déploiement de nouveaux laboratoires destinés à tester davantage de personnes et plus vite.

L'insécurité complique encore la riposte sanitaire dans une région déjà fragilisée par les violences. L'hôpital de Nyakunde a été pris d'assaut par une foule après le décès d'une femme qui venait d'accoucher, un épisode de colère qui a poussé une partie de l'équipe médicale à quitter l'établissement. Dans la confusion, des patients atteints d'Ebola en ont profité pour fuir, faisant craindre de nouvelles chaînes de contamination échappant à tout contrôle médical et illustrant la difficulté d'organiser les soins dans un climat de méfiance et d'hostilité.

Face à l'urgence, la communauté internationale a mobilisé un milliard et demi de dollars pour soutenir la riposte sanitaire en République démocratique du Congo. Sur le plan médical, un essai clinique portant sur deux traitements potentiels a débuté au début du mois de juillet, ouvrant une piste d'espoir. Pour l'heure, toutefois, il n'existe ni vaccin ni remède réellement efficace contre la souche actuelle du virus, ce qui rend la maîtrise de l'épidémie d'autant plus incertaine.

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