Le parti d'extrême droite allemand AFD a présenté ce samedi son programme en vue des élections régionales de septembre en Sachsen-Anhalt, rapporte France 24. Selon la correspondante de la chaîne à Berlin, Caroline Dublé, ce Land de l'est du pays pourrait, pour la première fois, tomber entre les mains de la formation, ce qui donnerait à ce scrutin une portée dépassant très largement le cadre régional.
C'est le candidat de l'AFD, Ulrich Siegmund, qui a détaillé les intentions du parti. D'après France 24, il a présenté un plan d'action pour les cent premiers jours qui suivraient les élections du 6 septembre, un scrutin qu'il espère remporter. Il a promis un changement de cap radical, allant jusqu'à évoquer la volonté de créer ce qu'il a décrit comme une sensation historique en cas de victoire de sa formation.
Le premier volet du programme concerne l'immigration. Selon France 24, l'AFD prévoit l'expulsion de tous les immigrés en situation irrégulière, ainsi qu'une augmentation du nombre de places dans les centres d'expulsion. Le parti entend également rendre le travail obligatoire pour l'ensemble des demandeurs d'asile, des mesures qui traduisent la ligne dure défendue de longue date par la formation d'extrême droite sur ces questions.
Le programme s'attaque aussi à plusieurs financements publics. D'après France 24, il prévoit de supprimer les financements pour les fondations proches des partis politiques, pour les programmes d'intégration et pour ceux consacrés à la démocratie, ainsi que la redevance de la télévision et de la radio publiques. Ces coupes viseraient des dispositifs que l'AFD conteste, tout en réduisant les ressources de l'audiovisuel public.
Un autre volet touche aux symboles et à l'enseignement. Selon France 24, l'AFD veut interdire les drapeaux LGBT+, tout en imposant que soient hissés des drapeaux allemands devant les écoles et les bâtiments publics. Le parti souhaite en outre modifier les programmes scolaires pour que les cours d'histoire soient moins centrés sur la culpabilité de l'Allemagne à l'égard du passé nazi, une orientation particulièrement sensible dans le pays.
Sur le plan électoral, la formation est en position de force. D'après France 24, l'AFD est créditée de 41 pour cent des intentions de vote et il lui manquerait environ trois sièges au Parlement régional pour obtenir la majorité. La coalition actuelle, réunissant le SPD, la CDU et le FDP, ne devrait pas être en mesure de former de nouveau un gouvernement, ce qui ouvre une phase d'incertitude sur la conduite du Land.
Plusieurs scénarios restent ouverts. Selon France 24, l'AFD pourrait éventuellement profiter d'une alliance avec le parti de Sahra Wagenknecht pour tenter d'accéder au pouvoir. Si la formation l'emportait et parvenait à gouverner, ce serait, souligne la chaîne, la première fois depuis 1932 et l'époque du parti nazi, le NSDAP, qu'un parti d'extrême droite dirigerait une région allemande, un précédent lourd de symboles.
