Le président sud-africain Cyril Ramaphosa vient de clôturer une visite officielle de trois jours en France, un déplacement qui lui a offert une respiration diplomatique loin des tensions qui agitent actuellement son pays. Le séjour, marqué par des gestes de mémoire et des entretiens de haut niveau, aura permis de rapprocher Pretoria et Paris à un moment sensible pour les deux capitales.
Le temps fort de cette visite s'est joué dimanche dans la Somme, au nord de la France. Le chef de l'État sud-africain s'y est rendu pour commémorer les 110 ans de la bataille du Bois d'Elville, un épisode marquant de la Première Guerre mondiale. En juillet 1916, des soldats sud-africains y avaient été envoyés pour la première fois sur le front occidental, où ils avaient subi de très lourdes pertes.
Devant les lieux de mémoire, Cyril Ramaphosa a rendu hommage au sacrifice de ces combattants, estimant qu'il méritait la gratitude éternelle de son pays comme de la France. Il a profité de cette cérémonie pour rappeler l'attachement de l'Afrique du Sud à la paix, dans un contexte international marqué par de nombreux conflits, et pour réaffirmer sa volonté de promouvoir la résolution pacifique des différends.
Le président sud-africain a insisté sur la défense du droit international, affirmant que sa nation restait déterminée à rechercher des solutions négociées entre les États. Ce discours, tourné vers le passé et les principes, lui a permis de mettre en avant le rôle que l'Afrique du Sud entend jouer sur la scène diplomatique mondiale, sans aborder frontalement les difficultés que traverse son propre pays.
En amont de cet hommage, Emmanuel Macron avait reçu son homologue à l'Élysée, vendredi, pour un dîner officiel. La rencontre s'est déroulée sans discours public, mais des sources diplomatiques ont fait état d'une large convergence de vues entre les deux hommes sur les crises au Moyen-Orient et en République démocratique du Congo, ainsi que sur la nécessité de soutenir les efforts régionaux de paix dans la région des Grands Lacs, où Pretoria joue un rôle de stabilisation.
Sur le plan strictement bilatéral, cette visite revêt une portée particulière. Elle permet à la France d'effacer les tensions apparues après la non-invitation de Cyril Ramaphosa à un récent sommet du G7, une mise à l'écart que le président sud-africain avait attribuée à des pressions extérieures. Le déplacement à Paris apparaît ainsi comme un geste d'apaisement destiné à relancer une relation qui s'était tendue.
Ce répit diplomatique contraste enfin avec la situation intérieure très tendue que connaît l'Afrique du Sud. Depuis plusieurs semaines, de violentes manifestations anti-étrangers secouent le pays et ternissent son image, un dossier brûlant que Cyril Ramaphosa n'a pas évoqué durant son séjour en France, préférant convoquer la mémoire commune et l'agenda international.
