Un texte de loi a mis le feu aux poudres en Argentine, rapporte France 24. Il s'agit d'un projet initie par le chef de l'Etat, Javier Milei, baptise inviolabilite de la propriete privee, qui se trouve au coeur d'une colere exprimee dans la rue et actuellement examine par le Senat.
Sur le fond, le projet prevoit notamment de faciliter les expulsions en cas d'impayes et de rendre plus compliquee l'expropriation d'un bien par l'Etat. Il comportait aussi une disposition visant a relever de 15 a 25 pour cent la part de terres strategiques pouvant appartenir a des etrangers, une mesure finalement retiree par manque de soutien politique au Parlement.
L'annonce a declenche une forte mobilisation. A Buenos Aires, la police a disperse des manifestants reunis par milliers ce jeudi, repoussant la foule a coups de canons a eau et de gaz lacrymogene. Malgre le retrait de certaines mesures impopulaires, la colere restait vive.
Dans le cortege, les manifestants ont denonce un projet qu'ils jugent dangereux pour la souverainete du pays. Nous sommes ici parce que le gouvernement et les vendus qui l'accompagnent veulent vendre notre pays, a lance l'un d'eux, estimant que ce texte reviendrait a faire cesser l'appartenance de l'Argentine aux Argentins.
Derriere cette initiative, le gouvernement Milei cherche a attirer de nouveaux investisseurs etrangers pour capitaliser sur des terres riches en ressources, comme le lithium ou le cuivre. Le parti au pouvoir defend une logique assumee, affirmant que la loi vise a garantir que la propriete privee inscrite dans la Constitution ne soit pas violee, et que le role de l'Etat est de proteger et de defendre, non d'intervenir et de controler.
Le projet doit encore etre examine par la Chambre des deputes avant de pouvoir etre adopte. Selon un rapport de l'Observatoire des terres, pres de 5 pour cent du territoire argentin, l'equivalent de la surface de l'Angleterre, appartenait deja a des etrangers en 2025, une part qui depasserait meme les 15 pour cent dans certaines regions riches en ressources.
