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Joseph Aoun reçu à la Maison-Blanche, une première depuis 2009

Joseph Aoun reçu à la Maison-Blanche, une première depuis 2009

Pour la première fois depuis 2009, un président libanais est reçu à la Maison-Blanche : Joseph Aoun doit s'entretenir ce soir avec Donald Trump. Au menu, le désarmement du Hezbollah, le retrait israélien du sud-Liban et une demande d'aide pour l'armée libanaise.

Pour la première fois depuis 2009, un président libanais franchira les portes de la Maison-Blanche. Joseph Aoun doit être reçu ce soir par Donald Trump, une rencontre au sommet qui intervient après dix-sept ans sans visite d'un chef d'État libanais à Washington et qui portera sur les dossiers les plus sensibles de la région.

Au cœur des discussions figurera le désarmement du Hezbollah, ainsi que l'application de l'accord confiant à l'armée libanaise le contrôle des zones dites pilotes dans le sud du pays. Ces secteurs doivent être progressivement repris en main par Beyrouth, dans le cadre d'un processus étroitement suivi par Washington, qui en fait une condition de la désescalade.

Sur le terrain, l'armée libanaise a commencé à se déployer depuis jeudi à quelques kilomètres au sud de Nabatieh. Le village de Froun a été retenu comme l'une des zones pilotes choisies pour la mise en œuvre de l'accord israélo-libanais, un premier test grandeur nature censé démontrer la capacité de l'État à reprendre pied dans ces territoires.

La localité porte encore les stigmates de la guerre. Ravagée par les bombardements, environ 80 % de Froun a été détruit, mais certaines familles, dont les maisons sont réparables et de nouveau habitables, ont commencé à revenir s'y installer, malgré l'ampleur des destructions qui marquent encore le paysage.

L'accord-cadre signé avec Israël prévoit que Beyrouth reprenne le contrôle de plusieurs de ces zones. L'armée libanaise doit s'assurer du départ des militants du Hezbollah afin que les troupes israéliennes se retirent du sud-Liban, qu'elles contrôlent encore en grande partie. Mais l'État hébreu refuse tout retrait tant que le mouvement chiite ne sera pas désarmé, une exigence également portée par les États-Unis.

Pour les partisans du chef de l'État, l'enjeu est aussi intérieur. Joseph Aoun pourrait, selon eux, rentrer au Liban en affirmant qu'il obtient des résultats pour l'ensemble des Libanais, chrétiens, sunnites, chiites, bédouins et druzes, et non pour le Hezbollah ou l'Iran, en se posant en représentant d'un gouvernement légitime. Le président espère par ailleurs obtenir de son homologue américain une aide substantielle pour l'armée libanaise.

Reste un point de friction majeur. Donald Trump s'est laissé séduire ces dernières semaines par l'idée d'autoriser la Syrie à déployer des troupes au Liban pour combattre le Hezbollah, une perspective jugée dangereuse à Beyrouth. Joseph Aoun espère bien convaincre son interlocuteur d'y renoncer lors de leur entretien, afin d'éviter l'entrée d'un nouvel acteur militaire sur le sol libanais.

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