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Monique Barbu reste finalement ministre de la Transition écologique

Monique Barbu reste finalement ministre de la Transition écologique

La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbu, ne quitte finalement pas le gouvernement. Après avoir annoncé sa démission en désaccord avec la loi d'urgence agricole, et notamment la réintroduction dérogatoire de deux pesticides, elle a été convaincue de rester par Emmanuel Macron, dans un contexte marqué par les incendies qui ravagent le sud de la France. Isolée au sein de l'exécutif, elle voit par ailleurs la gauche saisir le Conseil constitutionnel pour tenter de faire retoquer la mesure sur les pesticides.

Coup de théâtre au sommet de l'État français: la ministre de la Transition écologique, Monique Barbu, va finalement rester à son poste. Après avoir fait part de son intention de démissionner, elle a été convaincue de demeurer au gouvernement, mettant un terme, du moins pour l'heure, à la crise qui s'était ouverte autour de sa personne et de la politique environnementale de l'exécutif.

À l'origine de sa colère se trouvait la loi d'urgence agricole, tout juste adoptée par le Parlement. La ministre était fermement opposée à certaines de ses mesures, en particulier la réintroduction, à titre dérogatoire et sous condition, de deux pesticides, ainsi qu'au doublement des capacités de stockage de l'eau. Pour elle, c'était la goutte de trop, au point d'estimer qu'elle ne pouvait plus rester à ce poste.

C'est finalement Emmanuel Macron qui l'a persuadée de ne pas partir. Le président de la République a réaffirmé son soutien à sa ministre de la Transition écologique, dans un contexte particulièrement sensible: la France est frappée par une série d'incendies qui continuent de brûler, notamment dans le sud du pays, où plusieurs feux importants restent actifs sur fond de canicule.

Le maintien de Monique Barbu n'efface pas pour autant son isolement au sein de l'exécutif. Sur ce texte agricole, elle s'était opposée, largement et même publiquement, à la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, les deux femmes affichant des positions difficilement conciliables sur le contenu de la loi et sur la place réservée aux pesticides contestés.

Le Premier ministre lui-même ne lui a guère apporté de soutien. Sébastien Lecornu l'a désavouée lundi, lors des débats dans l'hémicycle, en refusant de déposer un amendement qui aurait retiré du texte la mesure sur les pesticides. La ministre s'est donc retrouvée en première ligne, défendant une ligne rouge que le reste du gouvernement n'a pas suivie.

Le parcours de Monique Barbu explique en partie sa position. Ancienne présidente du WWF, elle a elle-même reconnu que la politique n'était pas forcément son choix premier, ce qui rendait d'autant plus lourde la perspective de rester dans un gouvernement en désaccord avec ses convictions. Son maintien apparaît ainsi comme un compromis arraché dans l'urgence de la situation.

La bataille autour de la loi d'urgence agricole n'est pas pour autant terminée. La gauche a saisi le Conseil constitutionnel, avec l'espoir que la mesure sur les pesticides soit retoquée par les Sages. L'avenir de cette disposition, au cœur du malaise de la ministre, dépendra donc désormais en partie de la décision à venir des juges constitutionnels.

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