Les attaques répétées du président azerbaïdjanais Aliev contre la France provoquent la colère dans les outre-mer. En ciblant cette fois le thème du colonialisme et les territoires ultramarins, le chef de l'État azerbaïdjanais a relancé une polémique qui pousse des élus à réclamer une réponse ferme du gouvernement français.
Le 13 juillet, Aliev a de nouveau insisté sur la lutte contre le colonialisme en visant directement la France. On ne peut pas, au 21e siècle, posséder des colonies situées à des dizaines de milliers de kilomètres et où les gens ne veulent pas de vous, a-t-il lancé, reprenant un discours qu'il tient depuis plusieurs années à l'encontre de Paris.
Ce positionnement n'est pas nouveau. En 2024, le président azerbaïdjanais avait créé un groupe d'initiatives de Bakou, qui a attiré des partis indépendantistes des territoires ultramarins. Deux ans plus tôt, en marge de la conférence mondiale sur le climat organisée à Bakou, il avait déjà dénoncé la répression des émeutes en Nouvelle-Calédonie.
Face à cette offensive, des députés de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie réclament une réaction ferme du gouvernement français. Les partisans de la France dans les outre-mer ont signé un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères, dans lequel ils dénoncent une insulte envers la France et demandent une réponse à la hauteur de la part du Quai d'Orsay.
Dans leur démarche, ces élus mettent en avant un sentiment de deux poids, deux mesures. On défend la souveraineté de l'Ukraine sur le Donbass, celle du Maroc sur le Sahara occidental ou encore celle du Danemark sur le Groenland, font-ils valoir, mais lorsqu'il s'agit de la souveraineté française sur des territoires d'outre-mer qui ont choisi librement la France, ils estiment ne pas entendre le gouvernement.
Concrètement, les signataires attendent deux gestes. Ils demandent d'abord la convocation de l'ambassadeur d'Azerbaïdjan par le ministre des Affaires étrangères, puis la mise en place de sanctions économiques. Fin 2025, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, avait déjà convoqué l'ambassadeur azerbaïdjanais, sans que cela ne modifie la ligne du président Aliev.
De son côté, le gouvernement a avancé sur un autre terrain. Mercredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a présenté un projet de loi destiné à lutter contre les ingérences étrangères, sans toutefois nommer l'Azerbaïdjan. Le texte vise à donner à l'État les moyens de faire cesser rapidement la diffusion de contenus manifestement inexacts, trompeurs ou susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.
