Les Péruviens se rendent aux urnes ce dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle, dans un contexte marqué par une forte polarisation politique et une insécurité croissante. Trois candidats principaux se disputent le droit de succéder au président sortant de gauche Gustavo Petro.
En tête des sondages se trouve Keiko Fujimori, qui se présente pour la quatrième fois à la présidentielle. Fille de l'ancien dictateur Alberto Fujimori, décédé en 2024 après avoir purgé seize ans de prison pour violation des droits de l'homme, elle a fait campagne en promettant une lutte acharnée contre le crime organisé qui sévit dans le pays.
Son principal rival de gauche, Iván Cepeda, est considéré comme l'héritier politique de Gustavo Petro. Il défend le dialogue et propose de s'attaquer aux racines de la violence en éradiquant la pauvreté et l'inégalité. En deuxième position dans les sondages émerge Abelardo de la Espriella, un avocat populiste d'extrême droite qui se surnomme le Tigre et promet mano dura et mégaprisons à la Bukele.
Le pays que le prochain président héritera présente deux visages. L'économie s'améliore, mais la santé et la sécurité se détériorent. Les groupes armés se renforcent, les enlèvements, extorsions et homicides augmentent, et les cultures illégales de coca atteignent des niveaux historiques malgré la hausse des saisies.
Le Pérou a connu huit présidents depuis 2016, la plupart destitués ou contraints à la démission. L'ascension de l'extrême droite dans le pays confirme une tendance régionale déjà observée en Argentine et au Chili. Le second tour est prévu le 7 juin.
