La République démocratique du Congo s'enfonce dans une nouvelle épreuve de force politique. La Cour constitutionnelle a validé la loi référendaire, une décision qui ravive le débat sur un possible troisième mandat du président Félix Tshisekedi et provoque la colère de l'opposition.
Le feu vert de la haute juridiction n'a toutefois pas été total. La Cour a validé le texte, mais en l'assortissant de réserves d'interprétation, un point sur lequel les deux camps s'affrontent désormais quant à la portée réelle de la décision.
Du côté de l'opposition, la réponse a été immédiate et virulente. Réunie au sein de la coalition C64, elle rejette la décision de la Cour et la qualifie de coup de force constitutionnel, estimant que la juridiction s'est, selon ses termes, substituée au peuple.
Au cœur de la contestation figure la question des limites de mandats. L'opposition affirme que la loi ouvre la voie à une modification de l'article 220 de la Constitution, considéré comme le verrou sur le nombre et la durée des mandats présidentiels, et donc à un troisième mandat pour le chef de l'État.
Ces critiques ont été portées par une voix en vue de la contestation. Prince Epengé, porte-parole de la coalition Lamuka, membre du C64, a dénoncé la décision lors d'une conférence de presse, accusant les institutions d'agir de concert contre l'ordre constitutionnel établi.
La coalition ne compte pas s'arrêter aux mots. Elle a lancé un ultimatum : le 15 août, le peuple congolais sera dans la rue si le président ne renonce pas, une échéance qui succède à une marche initialement prévue le 22 juillet, finalement reportée à la suite d'un dialogue.
Ce report était intervenu après plusieurs tentatives de médiation. L'opposition a salué l'implication du président burundais Evariste Ndayishimiye, tandis que le cardinal Ambongo avait reçu Prince Epengé quelques heures avant la conférence de presse, l'invitant à rester engagé dans le dialogue, sans pour autant empêcher la coalition de maintenir son mot d'ordre.
