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Loi agricole adoptée en France, la ministre de l'Écologie démissionne

Loi agricole adoptée en France, la ministre de l'Écologie démissionne

Le Sénat a adopté définitivement la loi d'urgence agricole par 214 voix contre 111, rouvrant la porte à deux pesticides interdits, l'acétamipride et le flupyradifurone. Dans la foulée, la ministre de la Transition écologique Monique Barbu a annoncé qu'elle présenterait sa démission à Emmanuel Macron. La gauche compte saisir le Conseil constitutionnel.

La France a définitivement adopté sa loi d'urgence agricole, un texte très controversé qui rouvre la porte à deux pesticides interdits et qui provoque déjà une crise au sommet de l'État. Peu après le vote, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbu, a fait savoir qu'elle présenterait sa démission au président de la République.

Le Sénat a adopté le texte de manière définitive par 214 voix pour et 111 contre. Il avait été entériné la veille par l'Assemblée nationale, dans un climat politique particulièrement tendu, ce qui ouvre désormais la voie à son entrée en vigueur après des mois de débats et de mobilisation.

La mesure la plus contestée du texte concerne la réintroduction de deux pesticides jusque-là interdits en France, l'acétamipride et le flupyradifurone. Leur retour, autorisé à titre dérogatoire, a cristallisé les débats et a été dénoncé à de nombreuses reprises comme un coup dur pour l'environnement et pour la biodiversité, notamment pour les pollinisateurs.

Concrètement, la loi ouvre la possibilité à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de réintroduire ces substances, à titre dérogatoire et sous conditions, pour certaines filières agricoles. C'est ce mécanisme, jugé dangereux par ses opposants, qui a nourri la contestation tout au long de l'examen du texte au Parlement.

La conséquence la plus spectaculaire s'est jouée au gouvernement. Monique Barbu, ministre de la Transition écologique, a indiqué qu'elle présenterait sa démission à Emmanuel Macron d'ici le Conseil des ministres prévu mercredi matin, à la suite de l'adoption définitive de cette loi qu'elle avait combattue jusqu'au bout.

L'affaire est cependant loin d'être close sur le plan juridique. À gauche, les députés insoumis, socialistes, écologistes et communistes ont annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel, dans l'espoir de faire censurer la mesure sur les pesticides, comme cela avait déjà été le cas par le passé pour un autre texte.

Au-delà du sort de ces deux molécules, c'est la cohésion du camp présidentiel et de l'exécutif qui se trouve fragilisée. Le départ annoncé d'une ministre sur un texte porté par le gouvernement illustre l'ampleur des tensions provoquées par ce dossier, à quelques mois d'échéances politiques importantes pour la majorité.

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