La crise politique au Senegal atteint un nouveau palier alors que le president Bassirou Diomaye Faye se retrouve de plus en plus isole face a son ancien mentor Ousmane Sonko, desormais a la tete de l'Assemblee nationale. La prise de controle du Parlement par le PASTEF a fondamentalement modifie l'equilibre des pouvoirs au Senegal, laissant le chef de l'Etat dans une position delicate.
La maniere dont Sonko a pris le controle de l'Assemblee nationale est au coeur des tensions. Des observateurs estiment que ce coup de force a pose des problemes de legitimite et suscite des contestations. La question de la methode est centrale, car elle remet en cause le respect des institutions et de ceux qui les incarnent, un point que les analystes considerent comme un grand probleme dans la situation actuelle.
Le message de Sonko est clair : on ne peut pas faire du PASTEF sans PASTEF, ni du Sonko sans Sonko. Cette formule traduit la volonte de l'ancien Premier ministre de s'imposer comme un acteur incontournable de la vie politique senegalaise, meme apres avoir ete ecarte du gouvernement par Diomaye. Le parti et ses militants adressent des critiques de plus en plus vives au president, ce qui n'arrange pas les choses.
Pourtant, les analystes s'accordent a dire que Diomaye Faye n'est pas quelqu'un de faible. La maniere dont il s'est separe, de facon assez brutale, de Sonko montre au contraire un homme capable de decisions difficiles. Un observateur le decrit comme quelqu'un de tres cerebral, de tres cool, mais un homme d'action, avant de prevenir qu'il faut faire attention avec Diomaye.
La complexite des relations personnelles entre les deux hommes ajoute une dimension unique a cette crise politique. Sonko a ete le leader et le mentor de Diomaye. Le fils du president porte le nom de Sonko, et sa fille porte le nom de la mere de Sonko. Ces liens profonds jouent en meme temps avec la politique et la situation actuelle, influencant le comportement de Diomaye dans sa gestion du pouvoir.
Diomaye dispose encore du pouvoir d'Etat, qui reste considerable, et il l'utilise avec beaucoup de lucidite et de calme. Il ecoute beaucoup, il ecoute beaucoup de monde, des gens qui ont de l'experience, ce qui pourrait l'aider a controler la situation dans l'avenir. Sa philosophie du mouhi, la perseverance, guide sa strategie face aux pressions du PASTEF.
La question fondamentale reste de savoir si Diomaye ne vient pas de se tirer une balle dans le pied en laissant Sonko prendre le controle du legislatif. Avec le parti entier derriere Sonko et l'Assemblee nationale sous son controle, le president se retrouve a gouverner sans le soutien de sa propre base politique. L'avenir du Senegal depend desormais de la capacite des deux hommes a trouver un modus vivendi qui respecte l'esprit de la Constitution et preserve la stabilite du pays.
