Le régime du président tunisien Kaïs Saïed continue de cibler les fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, y compris ceux qui ne sont pas alignés avec le pouvoir en place. Des experts ayant excellé dans la lutte antiterroriste sont visés uniquement parce qu'ils appartiennent au mauvais clan.
Selon des analystes interrogés par France 24, ces arrestations servent à la désertification de la sphère publique en Tunisie. L'objectif est de terroriser quiconque ose faire de la politique ou s'opposer au régime en place.
Les guerres de clans au sein de l'appareil sécuritaire tunisien se traduisent par des purges qui touchent des professionnels compétents. Leur tort n'est pas d'avoir failli à leur mission mais d'être associés à des factions rivales.
Cette politique de répression s'inscrit dans un contexte plus large de concentration du pouvoir entre les mains du président Saïed depuis le coup de force constitutionnel de 2021, qui a vu la dissolution du parlement et la réécriture de la constitution.
Les organisations internationales de défense des droits humains ont multiplié les alertes sur la dégradation des libertés en Tunisie, pays longtemps considéré comme le seul succès démocratique du Printemps arabe.
La société civile tunisienne, autrefois vibrante, se retrouve de plus en plus réduite au silence. Les avocats, journalistes et militants qui osent critiquer le pouvoir font face à des poursuites judiciaires et des intimidations.
La communauté internationale observe avec inquiétude cette dérive autoritaire, mais les réactions officielles restent mesurées. Les partenaires européens et américains de la Tunisie sont critiqués pour leur silence face à ce qu'ils considèrent comme un partenaire stratégique en matière de migration et de sécurité.
