La Guadeloupe est confrontée à une crise sans précédent de violence armée. Selon les derniers chiffres, 32 homicides par arme à feu ont été recensés en 2025, soit une augmentation de 45 % en un an. En 2026, la tendance ne montre aucun signe de ralentissement puisque 12 victimes ont déjà été dénombrées. Environ un quart de ces meurtres est directement lié au trafic de stupéfiants qui gangrène le territoire.
Les forces de l'ordre procèdent en moyenne à une saisie d'armes tous les trois jours, un rythme qui témoigne de l'ampleur du phénomène. Les armes parviennent sur l'île par des filières venant principalement des États-Unis et du Brésil, en transitant par la Dominique et l'île de Marie-Galante. Les patrouilles nocturnes de la police ont révélé la présence d'armes jusque chez des jeunes âgés de 17 à 20 ans, illustrant l'accessibilité alarmante de ces engins de mort.
Les autorités locales et nationales ont renforcé les dispositifs de contrôle aux frontières maritimes et aériennes du territoire, mais les résultats restent insuffisants face à l'ingéniosité des réseaux de trafiquants. Les élus guadeloupéens réclament des moyens supplémentaires, notamment en matière de renseignement et de coopération internationale avec les pays voisins d'où proviennent les flux d'armes.
Cette situation met en lumière les difficultés structurelles auxquelles font face les territoires d'outre-mer français en matière de sécurité. Le manque d'opportunités économiques pour la jeunesse, combiné à l'influence des réseaux de narcotrafiquants, crée un terreau fertile pour la violence. Les associations locales appellent à un plan d'urgence qui dépasse la seule réponse sécuritaire et s'attaque aux racines sociales du problème.
