À peine la Coupe du monde terminée, la FIFA se retrouve au cœur d'un nouveau scandale. L'instance dirigeante du football mondial, dont la soif de revenus supplémentaires ne semble jamais étanchée, envisage d'ouvrir son capital à des investisseurs privés. Le projet, révélé par France 24, suscite déjà une vive polémique dans le monde du football et met en lumière la stratégie commerciale de plus en plus agressive de l'organisation.
Dans le détail, l'administration de la FIFA explore l'idée de réunir l'ensemble de ses droits commerciaux, c'est-à-dire la diffusion, le sponsoring, la billetterie et l'octroi de licences, avec la mise en œuvre opérationnelle de ses tournois, au sein d'une nouvelle structure baptisée FIFA Forward Enterprise. Cette entité rassemblerait ainsi les principales sources de revenus de l'institution dans une seule et même société commerciale.
La FIFA invite désormais des investisseurs extérieurs à acquérir des parts minoritaires de cette nouvelle entité, estimée à 20 milliards de dollars. Il s'agirait d'une participation sans prise de contrôle possible, qui permettrait de lever un peu plus de 4 milliards de dollars, soit environ 20% du capital de la société. L'opération marquerait une étape inédite dans la manière dont la FIFA finance et exploite le football mondial.
Le projet soulève d'autant plus de questions que certains des investisseurs pressentis pourraient être des proches de Donald Trump. Déjà très critiquée pendant le Mondial nord-américain, l'organisation dirigée par le controversé Gianni Infantino, l'une des plus lucratives au monde grâce aux milliards de dollars issus des droits télé et des autres droits commerciaux, s'attire de nouveaux ennemis avec cette initiative.
En première ligne des critiques figure l'UEFA, l'instance dirigeante du football européen, qui évoque des lignes rouges. L'âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs négociables, surtout sans aucune transparence sur qui profitera des gains financiers, a fait valoir l'instance. Le football n'appartient à personne, ce n'est pas à la FIFA de le vendre, a-t-elle ajouté, résumant l'opposition de fond au projet.
La contestation ne se limite pas aux mots. Selon France 24, des pays européens pourraient menacer de boycotter des matchs organisés par la FIFA, une perspective qui donnerait à la fronde une dimension bien plus concrète. Un tel bras de fer opposerait directement l'instance mondiale à une partie du football européen, historiquement la région la plus puissante et la plus riche du sport.
Face aux critiques, la FIFA met en avant les retombées attendues, ayant promis une manne de 10 milliards de dollars destinée à financer le développement du football mondial. L'instance, qui a déjà traversé de nombreuses tempêtes, devra toutefois convaincre que l'ouverture de son capital ne se fera pas au détriment de la transparence et de la gouvernance du sport. L'affaire est à suivre, alors que la polémique ne fait que commencer.
