En Afrique du Sud, plusieurs milliers de migrants se retrouvent sans abri et livrés à eux-mêmes, dans une situation humanitaire qui inquiète les organisations présentes sur le terrain. Cette semaine, plus de 1500 personnes originaires du Malawi se sont réfugiées devant leur consulat, faute de savoir où aller. Les autorités sud-africaines refusent toujours de fournir des abris aux déplacés, laissant des familles entières exposées à la précarité et à l'incertitude sur leur avenir immédiat.
Face à la carence des pouvoirs publics, ce sont des associations qui nourrissent ces migrants et des organisations non gouvernementales qui les soignent. Les équipes de Médecins Sans Frontières, présentes sur place, disent leur inquiétude devant l'ampleur de la crise. Elles se déclarent très préoccupées par la situation humanitaire, sur l'ensemble des sites où des personnes sont contraintes de dormir à l'extérieur, sans prise en charge de l'État.
Le contexte aggrave encore leur détresse. Le pays est en plein hiver, et les migrants passent leurs nuits dehors, sans réelle protection contre les conditions climatiques. L'accès à l'eau ainsi qu'aux installations sanitaires reste par ailleurs très insuffisant, ce qui entraîne, selon les humanitaires, de nombreux autres problèmes de santé au sein d'une population déjà fragilisée par des semaines d'errance.
Une partie des déplacés est évacuée vers Musina, une localité située dans le nord du pays. Il s'agit du seul camp que le gouvernement sud-africain a accepté de construire pour accueillir ces personnes. Plus de 30 000 migrants y sont déjà passés, un chiffre qui donne la mesure de l'ampleur du phénomène et de la pression qui pèse sur ce site unique, dernier point de passage avant un éventuel retour forcé.
Le sort réservé à ces migrants ne s'arrête pas là. Comme l'explique le directeur du camp, Pretoria refuse de payer pour les bus qui ramènent ces personnes vers leur pays. Tous seront reconduits à la frontière, assortis d'une interdiction de retour sur le territoire. Ceux qui restent en Afrique du Sud au-delà de la durée autorisée s'exposent à des sanctions, l'une d'elles consistant à être officiellement déclarés indésirables.
Restent enfin ceux qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas repartir dans leur pays d'origine. Beaucoup vivent sur le trottoir ou dans leur voiture depuis plus de deux mois, alors même que la plupart d'entre eux possèdent une carte de réfugié. On leur a demandé de retourner dans leur quartier, mais ceux qui ont osé le faire ont été frappés, selon les témoignages recueillis sur place par les journalistes.
L'un de ces habitants raconte que son voisin, qui avait refusé de partir, a été roué de coups. Quelques jours seulement après avoir livré ce témoignage, un homme prénommé Christian a lui-même été violemment agressé alors qu'il regagnait son quartier. Face à ces violences répétées et à l'absence de solution durable, les organisations de défense des droits humains se disent choquées par la tournure que prend la situation.
