L'attaque qui a endeuillé la Marche des fiertés de Berlin a franchi un nouveau cap dans sa qualification. Le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a désormais évoqué un attentat terroriste islamiste, une classification lourde de sens plusieurs heures après un drame qui a plongé la capitale allemande dans l'effroi et interrompu brutalement l'une des plus grandes manifestations de l'été berlinois.
Selon le déroulé établi par les enquêteurs, l'assaillant a d'abord lancé une camionnette à vive allure sur la foule des participants, samedi soir aux abords de vingt-deux heures, dans le parc du Tiergarten, non loin de la scène installée près de la porte de Brandebourg. Le véhicule a percuté plusieurs personnes avant de terminer sa course contre un arbre, et son conducteur a pris la fuite à pied.
Un élément nouveau et particulièrement glaçant est apparu dans l'enquête. D'après la police, après avoir foncé sur la foule, le suspect s'en est également pris aux personnes présentes à l'aide d'une arme blanche, vraisemblablement une machette. Plusieurs des blessés auraient ainsi été touchés par cette arme, ce qui alourdit encore la gravité d'une attaque déjà meurtrière.
Le bilan, encore provisoire, fait état d'une femme tuée et d'au moins seize blessés, dont plusieurs se trouvent dans un état grave. De nombreux véhicules de secours avaient convergé vers le parc dans la nuit pour prendre en charge les victimes, tandis que la police demandait aux Berlinois de quitter la zone de l'événement et sécurisait les lieux du drame.
La police recherche activement le suspect, un jeune homme de 21 ans qu'elle décrit comme un délinquant déjà bien connu de ses services et lié au milieu islamiste de la ville. La chasse à l'homme a pris une dimension nationale, les autorités ayant lancé un avis de recherche à toutes les frontières allemandes tout en cherchant à déterminer s'il a pu bénéficier de complices.
Selon les autorités, l'homme, d'origine libanaise, aurait été un partisan de l'organisation État islamique et aurait déjà projeté par le passé de commettre un attentat. Il avait récemment été condamné pour d'autres faits à une peine d'un an et dix mois avec sursis, et venait d'être libéré au mois de mai d'un centre de détention pour mineurs, où il était censé suivre un programme de déradicalisation.
L'attaque a suscité une vive émotion en Allemagne et au-delà. Le chancelier Friedrich Merz et le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt ont promis que cet acte serait pleinement élucidé et puni, tandis que de nombreux responsables politiques ont condamné une agression visant un rassemblement pacifique dédié à la diversité. Des rassemblements se tenaient dimanche à Berlin en hommage aux victimes, alors que l'enquête se poursuivait pour retrouver l'assaillant en fuite.
