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Cuba: l'influenceur Eddie Ceballos poursuivi pour espionnage

Cuba: l'influenceur Eddie Ceballos poursuivi pour espionnage

L'humoriste et youtubeur cubain Eddie Ceballos, connu pour ses vidéos satiriques sur la dégradation de La Havane, a été arrêté et est désormais poursuivi pour espionnage, un chef d'accusation passible de la perpétuité, rapporte France 24. On lui reproche notamment la mise en ligne d'une vidéo d'une installation militaire à l'abandon. Selon la grand reporter Mélina Huet, cette affaire illustre une répression dite préventive, en amont de manifestations prévues ce 11 juillet, fondée sur la surveillance des réseaux sociaux, des appels et des messageries, et visant désormais aussi de simples citoyens qui se plaignaient du manque d'eau, d'électricité ou de nourriture. Amnesty International, citée par France 24, rappelle que plus de 300 personnes ont été incarcérées depuis le soulèvement de 2021, dont l'île marque aujourd'hui le cinquième anniversaire, certaines condamnées jusqu'à vingt ans, et reproche à l'ONU comme à l'Europe leur silence. L'ONG Prisoners Defenders recense pour sa part 1 306 prisonnières et prisonniers politiques depuis 2021, dont 40 arrêtées alors qu'elles étaient mineures.

L'humoriste et youtubeur cubain Eddie Ceballos, connu pour ses vidéos satiriques mettant en scène la dégradation de La Havane, a été arrêté après avoir publié des contenus sur les infrastructures à l'abandon et les difficultés de la ville, rapporte France 24. Il aurait notamment mis en ligne une vidéo d'une installation militaire à l'abandon, ce qui lui vaut aujourd'hui d'être poursuivi pour espionnage, un chef d'accusation passible de la prison à perpétuité sur l'île.

Selon la grand reporter Mélina Huet, citée par France 24, cette arrestation illustre un changement de méthode des autorités cubaines, désormais tournées vers une répression dite préventive. Celle-ci intervient en amont de manifestations qui devaient se tenir ce 11 juillet, si bien que l'on ignore combien de personnes pourront effectivement se rassembler, tant la peur s'est installée au sein de la population.

Cette répression anticipée reposerait sur une surveillance étroite des réseaux sociaux, des appels téléphoniques et des messageries, complétée parfois par des dénonciations de voisinage. D'après France 24, elle ne vise plus seulement les militants et les activistes, mais aussi de simples citoyennes et citoyens qui s'étaient plaints du manque d'eau, d'électricité ou de nourriture, dans un pays frappé par de graves pénuries.

Ces tensions surviennent alors que Cuba marque ce 11 juillet le cinquième anniversaire des manifestations historiques de 2021, connues sur l'île sous le nom de 11J. Pour Amnesty International, citée par France 24, la contestation actuelle demeure l'héritage direct de ce mouvement, qui avait vu des milliers de Cubains descendre dans la rue pour dénoncer leurs conditions de vie et réclamer des changements.

Le bilan de la répression qui a suivi reste lourd, selon l'organisation de défense des droits humains. Amnesty International affirme que plus de 300 personnes ont été incarcérées depuis ce soulèvement, certaines ayant été condamnées à des peines allant jusqu'à vingt ans de prison pour des faits qualifiés de sabotage ou de sédition, des termes régulièrement employés par la justice cubaine dans ce type d'affaires.

Une autre organisation avance un décompte encore plus élevé. Selon l'ONG Prisoners Defenders, citée par France 24, l'île comptait 1 306 prisonnières et prisonniers politiques recensés depuis le 11 juillet 2021, dont 40 personnes arrêtées alors qu'elles étaient mineures, un phénomène présenté comme sans précédent dans ses relevés. L'organisation souligne que ce nombre progresse de manière constante depuis 2019. Dans le même temps, le gouvernement a été contraint d'approuver une série de réformes en faveur de l'économie de marché et des entreprises privées, sans que cela n'enraye le durcissement de la répression.

L'ONG adresse par ailleurs une critique appuyée à la communauté internationale. D'après France 24, Amnesty International reproche aux Nations unies, mais aussi à l'Europe et en particulier à l'Espagne et à la France, de rester largement muettes face à cette répression, alors même que ces acteurs entretiennent des relations diplomatiques et économiques avec La Havane.

En toile de fond, la colère de la population se nourrit d'une crise énergétique qui s'aggrave. Selon France 24, les coupures d'électricité à répétition, accentuées par le blocage des livraisons de pétrole imposé par Washington, pèsent lourdement sur le quotidien des Cubains, entre pénuries de médicaments, équipements hors service et difficultés à se procurer de l'eau et de la nourriture.

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