Les rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA) et les jihadistes du Jnim, affilié à Al-Qaïda, contrôlaient dimanche la localité d'Anéfis, dans le nord du Mali, au lendemain d'attaques coordonnées lancées contre plusieurs positions gouvernementales. Selon le correspondant régional de France 24, Serge Daniel, les assaillants se sont emparés de plusieurs postes de sécurité et détiennent des prisonniers issus des rangs de l'armée régulière.
Dans le camp militaire d'Anéfis, des soldats maliens et leurs alliés russes restaient retranchés face aux combattants qui tiennent désormais la localité. D'après le correspondant, les lignes n'ont pas fortement bougé au cours de la journée de dimanche, et une tentative d'un hélicoptère de se poser dans le camp pour venir en aide aux militaires assiégés a été signalée.
Plus au sud, entre Gao et Anéfis, un important convoi terrestre composé de militaires maliens et de leurs partenaires russes tentait de rejoindre le camp pour porter secours aux troupes loyalistes. Mais ce convoi est tombé dans une embuscade tendue par les rebelles et n'a pas pu poursuivre sa route, faisant demi-tour après avoir subi des pertes, avec des véhicules et des aéronefs détruits, selon les informations rapportées.
À la suite de cet accrochage, plusieurs dizaines de soldats de l'armée régulière étaient, selon le correspondant, en train de refluer vers le sud, en direction de la localité de Sévaré, distante d'environ 600 kilomètres et dotée d'un important centre médical. Le repli témoignait de la difficulté des forces gouvernementales à reprendre l'initiative dans cette zone reculée du nord du pays.
Fait notable souligné par France 24, le pouvoir de Bamako n'avait, contrairement à la veille, fait aucun commentaire officiel dimanche. Aucun communiqué ni aucune déclaration n'avaient été diffusés, un silence diversement interprété alors que, la veille encore, les autorités avaient publié un communiqué au ton triomphant assurant que la situation était sous contrôle.
Ces combats s'inscrivent dans le prolongement d'une offensive d'ampleur menée la veille par la coalition du FLA et du Jnim, qui avait visé de manière coordonnée six localités du nord, du centre et du sud du pays. Les villes de Gao et d'Anéfis, ainsi que la région de Sévaré, figuraient parmi les cibles de cette vague d'attaques rapportée par France 24.
La prise de contrôle d'Anéfis, où des militaires maliens et leurs alliés russes se trouvaient positionnés dans un camp, illustre la fragilité de la situation sécuritaire dans le nord du Mali. Alors que les affrontements se poursuivaient, le bilan humain précis restait incertain, et l'absence de communication officielle laissait planer le doute sur l'évolution réelle des combats sur le terrain.
