C'est demain que sera scellé le sort judiciaire et politique de Marine Le Pen. La cour d'appel doit dire si la cheffe de file de l'extrême droite française est confirmée dans sa condamnation dans l'affaire dite des assistants parlementaires, une décision qui déterminera si elle peut ou non concourir à l'élection présidentielle de 2027.
En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée pour détournement de fonds publics, une peine assortie d'une inéligibilité qui menace directement ses ambitions présidentielles. C'est cette condamnation que la cour d'appel doit désormais réexaminer, à moins de deux ans d'une échéance électorale majeure pour le pays.
Selon l'entourage de la dirigeante, Marine Le Pen veut aller vite. Deux scénarios sont sur la table : soit elle obtient gain de cause et peut acter sa candidature dès le soir de la décision, soit elle est empêchée et il reviendra alors à Jordan Bardella, président du Rassemblement national, de reprendre le flambeau. Les deux responsables ont déjà évoqué ensemble ces différentes hypothèses.
Le chemin reste étroit. Pour pouvoir se présenter, il faudrait que sa peine d'inéligibilité soit ramenée de cinq à deux ans au maximum, et qu'elle ne soit pas contrainte de porter un bracelet électronique. Sans ces conditions, souligne un élu du parti, une candidature serait tout simplement injouable.
À la différence de sa réaction après la condamnation en première instance, l'état-major du parti ne prévoit pas cette fois de s'en prendre violemment à la justice. Un député du Rassemblement national assure qu'il n'y aura pas de séquence d'indignation et qu'il faut, selon lui, passer à autre chose.
Marine Le Pen, elle, se veut combative tout en envisageant l'éventualité d'un retrait. Elle a prévenu que, si Jordan Bardella devenait le candidat, elle ne serait pas sa Première ministre. « Je serai une militante. J'existerai encore politiquement après le 7 juillet », a-t-elle déclaré, écartant tout effacement complet de la vie politique.
Reste la question, posée par certains de ses proches, de savoir si elle acceptera réellement de s'effacer derrière celui qui lui doit presque tout. Et si l'inéligibilité devait la priver de la présidentielle de 2027, d'aucuns rappellent déjà qu'en 2032, Marine Le Pen n'aurait que soixante-quatre ans.
