La disparition de deux militaires originaires du Pacifique dans le sud de la France a été évoquée au Sénat, rapporte France 24. Les deux hommes, arrivés dans l'Hexagone pour servir, se sont volatilisés il y a trois et quatre ans dans le département du Var, sans plus jamais donner signe de vie. Leur cas, longtemps resté dans l'ombre, est aujourd'hui au coeur d'une enquête judiciaire et d'une mobilisation politique portée par des élus des territoires ultramarins.
Les deux disparus ont un profil comparable. Selon France 24, il s'agit de Jacques Pakeso, militaire originaire de Nouvelle-Calédonie, et de Mike Gineste, décrit comme un légionnaire polynésien à l'engagement chevillé au corps. Tous deux venus du Pacifique pour rejoindre l'institution militaire française, ils ont fini par disparaître dans la région toulonnaise, à des milliers de kilomètres de leurs îles d'origine.
L'affaire a débuté par l'inquiétude d'un proche. D'après France 24, c'est après trois mois sans nouvelles de Jacques Pakeso que son frère, alarmé, s'est rendu dans l'Hexagone pour tenter de le retrouver. C'est à la suite de cette démarche que l'enquête a fini par démarrer, ouvrant la voie à des investigations qui allaient révéler une situation bien plus grave que celle d'une simple disparition inexpliquée.
Les regards se sont rapidement tournés vers un même entourage. Selon France 24, les deux militaires auraient fréquenté puis été hébergés par une famille calédonienne installée dans le quartier Claré, à Toulon. Fin mai, cette famille a été mise en examen pour traite d'êtres humains et séquestration en bande organisée, avant d'être placée en détention provisoire, une étape qui marque un tournant dans le dossier.
Les qualifications retenues sont particulièrement lourdes. D'après France 24, trois membres de cette famille sont également poursuivis pour meurtre. Selon un avocat cité par la chaîne, il existe des indices graves ou concordants pointant vers une coalition, c'est-à-dire plusieurs personnes qui auraient commandité certains faits, avec une qualification de meurtre qui concerne directement l'un des clients au dossier.
L'enquête cherche désormais à établir la vérité sur le sort des deux hommes. Selon France 24, elle se concentre notamment sur l'identification d'ossements retrouvés dans la région, sans que le lien avec les deux disparus soit à ce stade établi. Au-delà de ces deux cas, la chaîne indique que d'autres militaires auraient eux aussi été dépouillés, séquestrés et violentés par la famille mise en cause, ce qui élargit l'ampleur potentielle de l'affaire.
Le dossier a pris une dimension politique. D'après France 24, l'affaire a été portée jusqu'au Sénat, où la sénatrice polynésienne Lana Tetuanui envisage de demander la création d'une commission d'enquête. Pour les représentants des territoires du Pacifique, il s'agit d'obtenir la lumière sur ce qui est arrivé à ces engagés partis servir en métropole, et de s'assurer que de tels faits ne puissent se reproduire.
