La canicule qui s'est installée sur la France ne se résume pas à des records de température. Avec 54 départements placés en vigilance rouge et des pointes enregistrées au-delà de 40 degrés dans plusieurs villes, cette situation exceptionnelle entraîne désormais des drames humains, à mesure que la chaleur extrême s'installe dans la durée.
Le drame le plus marquant est survenu dans le sud de la France. Deux enfants ont été retrouvés morts dans une voiture à Carpentras, un événement qui a profondément ému. La mère des enfants a été prise en charge par les secours et, dans l'immédiat, elle n'avait pas encore été entendue par les enquêteurs.
À ce drame s'ajoute une série de noyades meurtrières. En moins de 48 heures, treize personnes ont perdu la vie en se noyant, souvent en cherchant simplement à se rafraîchir. La veille au soir, deux personnes, dont une adolescente de 13 ans, étaient décédées en Seine-et-Marne, l'un des départements les plus touchés.
Sur le terrain, la tentation de l'eau est immense. Alors que la température frôle déjà les 30 degrés à 10 heures du matin en Seine-et-Marne, des baigneurs sautent dans l'eau malgré l'interdiction. La baignade est pourtant interdite dans ces secteurs, et des panneaux l'indiquent partout. C'est plus fort que moi, confie l'un d'eux.
Le danger, lui, est bien réel. Au même endroit, un jeune homme de 17 ans est mort noyé vendredi soir, venu se baigner avec des amis. Même des nageurs qui se disent conscients des risques le reconnaissent: on peut être surpris, avaler une grande gorgée d'eau et ne plus parvenir à remonter, quand bien même on sait nager.
Les lieux eux-mêmes sont trompeurs. Le site, non surveillé et dédié à la pratique de l'aviron, présente une surface d'eau d'apparence tranquille. Mais les habitués des lieux préviennent qu'il y a du courant et des zones où le fond descend brusquement, des pièges invisibles pour ceux qui ne connaissent pas l'endroit.
Face à cette série noire, les autorités locales se disent démunies. Le maire d'une commune de Seine-et-Marne explique que, malgré les panneaux, les bâches installées par endroits, la présence des polices municipales et des médiateurs, le message ne tient que quelques minutes avant que de nouveaux baigneurs ne reviennent prendre des risques. En deux jours, au moins treize personnes ont péri par noyade partout en France.
