À l'occasion de la Fête de la Musique, le gouvernement français a interdit la consommation d'alcool dans la rue et les espaces publics, une décision prise alors qu'un épisode caniculaire sévère touche le pays. Selon la couverture de la soirée, les célébrations seront très encadrées là où elles n'ont pas tout bonnement été annulées, signe que les autorités redoutent un cocktail dangereux entre fortes chaleurs et rassemblements festifs.
La mesure s'inscrit dans un contexte météorologique tendu. La canicule concerne environ 53 millions de personnes en France, et 35 départements sont placés en vigilance rouge. À Paris, comme dans tous les départements en vigilance rouge, la consommation d'alcool sera interdite sur la voie publique, c'est-à-dire dans la rue et sur les places, tandis que les bars et les terrasses ne devraient pas être concernés par l'interdiction.
Le gouvernement justifie cette restriction par des raisons sanitaires. L'alcool accélérant la déshydratation, l'objectif affiché est d'éviter d'engorger les services de secours et de soins le soir de la fête, une nuit où les urgences sont déjà traditionnellement très sollicitées et où la chaleur fait peser un risque supplémentaire sur les organismes.
La mesure ne fait toutefois pas l'unanimité. Au bord du canal Saint-Martin, à Paris, certains comptent bien ne pas s'y tenir. Un passant a affirmé qu'il boirait des bières le lendemain, quitte à se faire arrêter, estimant que l'on ne peut pas, dans les faits, interdire à tout le monde de boire dans les rues de la capitale. Ce scepticisme illustre la difficulté d'appliquer une telle règle un soir de fête populaire.
Ailleurs, l'incertitude a surtout porté sur l'organisation des concerts. Dans un parc de Bordeaux où des concerts électro doivent se tenir, une association a craint l'annulation pendant tout l'après-midi avant que la mairie ne l'autorise finalement à vendre du vin et de la bière, seul moyen pour elle d'être rentable. En échange, l'association doit assurer la sécurité des participants, un compromis salué avec soulagement après des semaines de préparation.
Sur le terrain, l'application de la règle s'annonce délicate. Dans un bar de Châteauroux, le gérant estime la mesure difficile à faire respecter compte tenu de la masse de gens présents, rappelant que, sur le plan légal, boire une bière à une table reste autorisé. Du côté des forces de l'ordre, on évoque un simple rappel à l'ordre ou la destruction de l'alcool sur place, voire une amende de première classe si les relations venaient à se tendre.
Le Premier ministre a, de son côté, plaidé pour une certaine tolérance, demandant de ne pas importuner ceux qui se trouvent sur le terrain. Les autorités rappellent enfin que cet épisode caniculaire, comme le soulignent les scientifiques, est étroitement lié au dérèglement du climat, ce qui place la soirée de la Fête de la Musique sous le double signe de la fête et de la prudence.
