Une chaudière de la distillerie Montebello, en Guadeloupe, a explosé à la suite d'une surchauffe. Le bilan est lourd : deux morts sont à déplorer et trois blessés se trouvent dans un état grave.
La déflagration ne s'est pas arrêtée à l'enceinte de l'usine. Les maisons et les voitures alentours ont été impactées par la force de l'explosion.
Pour les riverains, le choc a été brutal. « Il y a eu une explosion. J'ai eu le coup que c'était ma voiture qui avait explosé. Ça a été d'une telle puissance », raconte un témoin sur place.
Depuis, l'enquête se poursuit sur deux fronts. Elle avance entre un rapport alertant sur des anomalies avant le drame et la polémique autour d'une cagnotte lancée par l'entreprise, tandis que les familles et les syndicats réclament des réponses.
Les proches des victimes disent leur colère face à cette initiative. Les familles s'indignent du lancement d'une cagnotte par la direction sans avoir été concertées et sans avoir reçu de condoléances de sa part, une démarche qui suscite une profonde incompréhension et à laquelle, disent-elles, la famille n'a jamais été associée.
Pour elles, l'essentiel est ailleurs. « La dignité des victimes et de leur famille ne se mesure pas au montant d'une cagnotte. Elle se mesure d'abord au respect, à la présence, à l'écoute et à la vérité », résume un proche.
Au-delà du drame, c'est le passé du site qui interroge. Plusieurs rapports de l'inspection de la direction de l'environnement et de l'aménagement ont révélé des gestions non conformes, avec des problèmes de pollution de l'air et de pollution de l'eau à travers des effluents qui présentaient des taux de polluants très élevés.
Plusieurs arrêtés de mise en demeure avaient été pris pour régler ces sujets, même si, reconnaît-on, aucun risque spécifique lié à une explosion de la chaudière n'était connu. La distillerie avait par ailleurs été installée sans déclaration préalable sur un site pourtant classé. Un syndicat veut désormais porter l'affaire devant les tribunaux et se constituer partie civile, estimant que le directeur de la DEAL comme le préfet devront rendre des comptes : selon lui, s'ils avaient fait le nécessaire, « on ne serait pas là aujourd'hui ».
