A l'approche des elections legislatives prevues en octobre, l'un des sujets qui divise le plus la societe israelienne est celui de l'enrolement des ultra-orthodoxes dans l'armee, a rapporte France 24 depuis Jerusalem. La question s'est imposee au coeur de la campagne electorale.
Les ultra-orthodoxes beneficient historiquement d'une exemption du service militaire obligatoire. Mais apres pres de trois ans de guerre, l'armee israelienne manque d'hommes: il lui faudrait environ 12 000 hommes pour mener ses guerres sur plusieurs fronts, selon le reportage.
De nombreux Israeliens souhaitent desormais que les ultra-orthodoxes entrent a l'armee, et plusieurs projets de loi ont ete presentes a ce sujet. Environ 72 000 hommes ultra-orthodoxes ages de 18 a 24 ans recoivent des ordres de conscription, mais refusent de se rendre a l'armee.
Cette fracture au sein de la societe israelienne s'observe en ce moment dans le centre-ville de Jerusalem, autour d'un lieu devenu un symbole: un cafe qui reste ouvert le samedi, pendant le Shabbat. Les ultra-orthodoxes s'opposent a ce que des commerces soient ouverts durant ce jour.
Chaque samedi, depuis cinq semaines, de grandes manifestations d'ultra-orthodoxes se tiennent devant ce cafe. La mobilisation est devenue un rendez-vous hebdomadaire dans la ville, au point de focaliser l'attention sur cet etablissement.
La veille du reportage, des manifestants laics se sont opposes aux ultra-orthodoxes devant l'etablissement. Des violences ont eclate entre les deux groupes, et la police est intervenue pour disperser les manifestants ultra-orthodoxes a coups de matraque.
Ce symbole du cafe de Jerusalem a ete repris par plusieurs responsables politiques. Certains affirment que, s'ils accedent au pouvoir lors des prochaines elections d'octobre, ils rendront le service militaire des ultra-orthodoxes obligatoire.
Cette division apparait de plus en plus vive a mesure qu'Israel entre dans sa periode electorale, le scrutin devant se tenir en octobre. Le debat sur la conscription des ultra-orthodoxes cristallise les tensions entre religieux et laics dans le pays.
