Le pétrolier sous sanctions Tagore, arraisonné par la marine française, est arrivé ce matin en baie de Douarnenez, dans le Finistère. Il s'agit du quatrième navire de la flotte fantôme russe saisi par la France dans le cadre de l'application du droit maritime international.
Le Kremlin a immédiatement réagi en dénonçant ce qu'il qualifie d'acte à la limite de la piraterie internationale. Moscou conteste la légalité des arraisonnements effectués par les marines occidentales contre des navires transportant du pétrole russe.
La flotte fantôme russe est estimée à environ mille quatre cents navires qui assurent l'exportation de près de quatre-vingts pour cent du pétrole russe. Ces navires naviguent souvent sous de faux pavillons pour échapper aux sanctions occidentales et continuent d'approvisionner les marchés mondiaux en hydrocarbures russes.
Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès des Nations Unies, a précisé que la France ne fait pas respecter les sanctions mais le droit de la mer. Le Tagore déclarait naviguer sous pavillon camerounais, ce qui s'est avéré faux. L'article cent un de la convention de Montego Bay autorise la vérification des pavillons en haute mer.
Les amendes infligées aux navires saisis varient considérablement. L'une s'élevait à cent cinquante mille euros, une autre à deux millions d'euros. Au-delà du défaut de pavillon, le refus d'obtempérer aux injonctions d'arrêt constitue une infraction supplémentaire qui alourdit les sanctions.
La France n'est pas seule dans cette démarche. La Suède procède à des arraisonnements similaires dans la mer Baltique. D'autres pays européens commencent également à intercepter les navires de la flotte fantôme, créant une pression croissante sur le dispositif russe de contournement des sanctions.
Dans le même temps, Moscou a suspendu ses exportations d'essence et de kérosène d'aviation après des frappes ukrainiennes sur ses raffineries. Cette décision, combinée aux saisies maritimes, illustre les difficultés croissantes de la Russie à maintenir ses revenus pétroliers face à la pression occidentale.
