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Effondrement du pont Morandi: l'ancien patron d'Autostrade condamné à douze ans au terme du procès

Effondrement du pont Morandi: l'ancien patron d'Autostrade condamné à douze ans au terme du procès

La justice italienne a rendu son verdict dans le procès de l'effondrement du pont Morandi, à Gênes, l'une des affaires les plus emblématiques du pays. Giovanni Castellucci, ancien patron d'Autostrade per l'Italia, la société concessionnaire chargée de l'entretien de la portion d'autoroute concernée, a été condamné à douze ans de prison. D'anciens dirigeants de l'entreprise ainsi qu'un ancien responsable au ministère des Infrastructures et des Transports ont également été condamnés, à des peines allant jusqu'à onze ans. Au total, 32 des 57 accusés ont été reconnus coupables. Le drame du 14 août 2018 avait fait 43 morts et privé des centaines de familles de leur logement. Les peines prononcées, toutes inférieures aux réquisitions du parquet, ont suscité l'insatisfaction des familles de victimes.

La justice italienne a rendu son verdict dans l'un des procès les plus emblématiques des dernières décennies, celui de l'effondrement du pont Morandi, à Gênes. Au terme d'une procédure hors norme, le tribunal a reconnu la responsabilité d'une partie des accusés et prononcé une série de condamnations très attendues, plus de sept ans après une catastrophe qui avait profondément traumatisé le pays.

Le drame remonte au 14 août 2018. Ce jour-là, un tronçon du viaduc autoroutier s'était effondré en emportant avec lui automobilistes et véhicules qui circulaient sur l'ouvrage. Le bilan avait été terrible: 43 personnes avaient perdu la vie et des centaines de familles s'étaient retrouvées privées de leur logement dans les quartiers situés sous le pont.

Le procès qui a suivi aura duré quatre ans et donné lieu à quelque 300 audiences, suivies de très près par les Italiens. Au total, 57 personnes figuraient sur le banc des accusés, dont la plupart n'étaient pas présentes au moment de la lecture du verdict. Le tribunal a finalement reconnu coupables 32 d'entre elles, refermant l'un des chapitres judiciaires les plus lourds de l'histoire récente du pays.

La peine la plus lourde a été prononcée contre Giovanni Castellucci, l'ancien patron d'Autostrade per l'Italia, la société concessionnaire chargée de l'entretien de la portion d'autoroute sur laquelle se trouvait le pont Morandi. Il a été condamné à douze ans de prison, une décision qui place au coeur du dossier la question de la maintenance et de la surveillance de l'ouvrage.

D'autres anciens dirigeants de la société concessionnaire ont eux aussi été condamnés, à des peines pouvant aller jusqu'à onze ans de prison pour certains. Un ancien responsable de la surveillance des infrastructures au sein du ministère des Infrastructures et des Transports a par ailleurs écopé d'une peine de cinq ans, le tribunal élargissant ainsi les responsabilités au-delà de la seule entreprise privée.

Un élément a toutefois nourri la frustration d'une partie des parties civiles. Les principales peines prononcées se sont en effet toutes révélées inférieures à celles qui avaient été requises par le parquet, un écart que de nombreuses familles ont immédiatement jugé insuffisant au regard de l'ampleur du drame et du nombre de vies perdues.

Les premières réactions des proches des victimes ont exprimé cette insatisfaction. Le comité des victimes du pont Morandi avait réclamé des peines exemplaires, estimant qu'elles étaient nécessaires pour faire en sorte qu'une telle tragédie ne puisse plus jamais se reproduire en Italie, et certains ont dit ressentir, à l'énoncé du verdict, un sentiment de justice inachevée.

Au-delà des peines individuelles, la décision marque une étape importante dans la reconnaissance des responsabilités autour de l'entretien des grandes infrastructures italiennes. Pour Gênes et pour les familles endeuillées, ce verdict ne referme pas la plaie, mais il apporte une réponse judiciaire à un effondrement devenu, en quelques années, le symbole des défaillances dans la surveillance du réseau routier du pays.

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