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Argentine : des milliers manifestent contre les féminicides après la mort d'Agostina

Argentine : des milliers manifestent contre les féminicides après la mort d'Agostina

Des milliers de personnes ont manifesté en Argentine à l'appel du collectif Ni Una Menos, après le meurtre d'Agostina, une adolescente de 14 ans tuée à Cordoba. Le pays recense un féminicide toutes les 36 heures.

Des milliers de personnes ont manifesté mercredi dans plusieurs villes d'Argentine pour dénoncer les féminicides qui endeuillent le pays. Le rassemblement répondait à l'appel du collectif Ni Una Menos, dont le nom signifie pas une de moins, devenu l'étendard de la mobilisation contre les violences faites aux femmes.

La colère a été ravivée par le meurtre récent d'une adolescente de 14 ans, prénommée Agostina, survenu dans la ville de Cordoba. À Buenos Aires, une foule dense s'est rassemblée autour du Parlement pour réclamer justice, portant le deuil d'une jeune fille dont la mort a bouleversé l'opinion publique.

Selon le récit rapporté, Agostina s'était rendue chez un ami de la famille afin de récupérer un cadeau destiné à sa mère. Elle a été violée puis pendue, et son corps a été découvert dans un terrain vague situé près de Cordoba, un drame qui a profondément choqué le pays.

La famille de la victime a exprimé sa douleur et son incompréhension face à la lenteur des autorités. Selon ses proches, les responsables n'ont pas agi au moment où ils auraient dû le faire et ont attendu quatre jours, un délai jugé insupportable par une mère qui demande que sa fille ne soit pas morte en vain.

Le drame s'inscrit dans une réalité alarmante. En Argentine, une femme est tuée toutes les 36 heures, une statistique qui traduit l'ampleur des violences de genre. Au total, le pays recense entre 200 et 260 féminicides par an en moyenne, selon des données de la Cour suprême.

Le principal suspect a été écroué et inculpé d'homicide aggravé par la circonstance de violence de genre, autrement dit un féminicide. Cette qualification juridique reste toutefois contestée dans le pays, où le concept peine encore à faire l'unanimité au sein de la société et de la classe politique.

Le contexte politique pèse également sur ce débat. Depuis l'arrivée au pouvoir de Javier Milei, hostile aux questions de genre, le gouvernement a fait part de sa volonté d'abolir le concept légal de féminicide et a réduit progressivement les financements des politiques de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ce que dénoncent les manifestants.

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