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De plus en plus d'Israéliens choisissent Berlin et la nationalité allemande malgré la montée de l'antisémitisme

De plus en plus d'Israéliens choisissent Berlin et la nationalité allemande malgré la montée de l'antisémitisme

En 2024, plus de 4000 Israéliens ont obtenu la nationalité allemande, contre environ un millier en 2019. Beaucoup s'installent à Berlin malgré un climat tendu, marqué par la hausse de l'antisémitisme et la montée de l'extrême droite. Parmi eux, un historien porte le projet de reconstruction du centre communautaire juif de Berlin, sur le site d'une synagogue détruite par les nazis.

Ils sont de plus en plus nombreux à choisir Berlin. En 2024, plus de 4000 Israéliens ont obtenu la nationalité allemande, contre environ un millier seulement en 2019. Ce mouvement témoigne d'un attachement croissant à la capitale allemande, alors même que le contexte y est devenu plus difficile.

Car cette installation se fait dans un climat tendu. L'antisémitisme a augmenté, au point que certains parents israéliens se demandent s'ils peuvent encore parler hébreu avec leurs enfants dans un taxi ou s'adresser à eux dans la rue. Ce qui relevait de l'évidence est devenu, pour beaucoup, une source d'inquiétude.

À cette inquiétude s'ajoute le poids du paysage politique. Dans un pays où le parti d'extrême droite AfD s'est imposé comme la deuxième force politique, certains Israéliens voient dans la naturalisation un acte militant, une manière d'affirmer leur place plutôt que de se replier.

Parmi eux, un historien incarne cette démarche. Il porte le projet de reconstruction du centre communautaire juif de Berlin, dans le quartier de Kreuzberg, sur l'emplacement même d'une synagogue qui avait été détruite par les nazis. Le lieu choisi n'a donc rien d'anodin.

L'histoire de ce bâtiment est marquée par la violence du passé. La salle principale de la synagogue avait été incendiée en 1938, lors de la nuit de cristal. Les ailes latérales, elles, avaient été sauvées, et c'est sur cette mémoire que s'appuie aujourd'hui le projet de reconstruction.

Le parcours personnel de cet historien éclaire son choix. Il n'est pas éligible aux lois de réparation qui facilitent l'accès à la nationalité, car il n'a pas de racines allemandes. Mais il a passé les vingt dernières années de sa vie à Berlin et vient tout juste de lancer sa demande de naturalisation.

Son raisonnement résume l'état d'esprit de beaucoup. Il constate que l'antisémitisme comme le racisme antimusulman ont progressé et que l'ambiance est devenue âpre et polarisée. Pourtant, plutôt que d'intérioriser cette discrimination et de renoncer à se sentir chez lui, il dit aujourd'hui avec assurance se considérer comme allemand, refusant de céder face aux radicaux de droite.

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