Le Kenya s'arrête sur une date douloureuse de son histoire récente. Selon France 24, ce 25 juin marque deux ans depuis que les manifestations contre la loi de finances de 2024 ont dégénéré, transformant un mouvement de contestation en l'un des épisodes les plus sanglants qu'ait connus le pays ces dernières années.
Le bilan de ces journées avait été particulièrement lourd. Les violences policières avaient fait plus de 60 morts et des centaines de blessés, lorsque la mobilisation contre le texte budgétaire s'était heurtée à une réponse musclée des forces de l'ordre, marquant durablement la société kényane.
À l'occasion de cet anniversaire, la mémoire des victimes a été placée au centre des hommages. Les noms des 62 Kenyans tués par la police lors des manifestations de juin 2024 ont été cités, devant des autorités religieuses, des représentants de la société civile et des politiciens d'opposition réunis pour ne pas oublier.
Cet hommage intervient à la veille d'un nouveau temps fort. Une marche blanche est organisée dans la capitale, alors que la société civile s'apprête de nouveau à descendre dans la rue, deux ans après les événements, pour rappeler le souvenir des disparus et réaffirmer ses revendications.
Mais cette mobilisation s'accompagne d'une vive inquiétude. Beaucoup redoutent une nouvelle répression, dans un pays où, ces dernières années, l'usage de la force est resté répandu. La crainte de voir se rejouer les violences du passé pèse sur celles et ceux qui prévoient de manifester.
Malgré la peur, des manifestants disent vouloir aller au bout de leur démarche. Ils affirment redouter de perdre d'autres Kenyans, tout en se déclarant déterminés à protéger à la fois leurs vies, qu'ils jugent sacrées, et leurs acquis démocratiques, pour lesquels ils estiment s'être battus.
