La justice tunisienne a prononcé une nouvelle peine lourde contre une figure connue de l'opposition, rapporte France 24. Ben Sedrine, 75 ans, ancienne présidente de l'Instance Vérité et Dignité, a été condamnée à 25 ans de prison.
Le profil de la condamnée donne à cette décision une résonance particulière. À la tête de l'Instance Vérité et Dignité, elle avait piloté l'un des principaux organes de la justice transitionnelle en Tunisie, chargé de faire la lumière sur les abus du passé.
La peine prononcée est particulièrement sévère. Les 25 ans de prison se rapportent à des affaires portant sur des accusations d'abus de fonction et de falsification, des chefs que l'intéressée et ses soutiens présentent comme étant de nature politique.
Le dossier ne se limite pas à une seule procédure. Selon France 24, la peine se rapporte à plusieurs affaires, et Ben Sedrine est présentée comme la dernière personnalité en date à être frappée par une telle condamnation.
La principale concernée n'entend pas en rester là. Elle a annoncé son intention de faire appel de cette condamnation, contestant le bien-fondé des poursuites engagées contre elle.
La décision a également suscité des réactions au-delà du tribunal. Des organisations non gouvernementales ont dénoncé ce verdict, qui s'inscrit selon elles dans une dérive judiciaire visant les voix critiques du pouvoir.
Cette condamnation n'est pas un cas isolé. Elle illustre la manière dont la justice tunisienne continue de sévir lourdement contre les opposants au pouvoir du président Kaïs Saïed, multipliant les peines de prison à l'encontre de personnalités publiques et de militants.
