L'Organisation mondiale de la santé a relevé son évaluation du risque d'épidémie d'Ebola au niveau très élevé, soit le niveau d'alerte maximal de l'institution. Une semaine après une première alerte, la situation s'est considérablement aggravée avec 177 morts recensés, plus de 750 cas probables et 85 cas confirmés en République démocratique du Congo et en Ouganda.
L'épidémie, causée par le virus Bundibugyo, se propage rapidement du Nord-Kivu au Sud-Kivu en RDC. Cinq cas confirmés et un décès ont été signalés en Ouganda, confirmant la dimension transfrontalière de la crise sanitaire. Des mesures de quarantaine ont été prises au Rwanda, tandis que les États-Unis ont restreint l'accès aux personnes provenant des zones touchées.
La situation est particulièrement préoccupante car il n'existe actuellement aucun traitement approuvé ni vaccin contre le virus Bundibugyo, contrairement au virus Ebola classique. Cette absence d'outils thérapeutiques complique considérablement la réponse sanitaire et rend l'endiguement de l'épidémie encore plus difficile.
La région affectée est difficilement accessible, coupée en deux par une ligne de front entre les forces armées congolaises et le groupe armé anti-gouvernemental M23. Les infrastructures routières sont quasiment inutilisables et les infrastructures sanitaires presque inexistantes, ce qui rend l'acheminement de l'aide et la prise en charge des malades extrêmement complexes.
Le rôle d'Ituri comme hub commercial et migratoire, ainsi que sa proximité avec l'Ouganda et le Soudan du Sud, augmente le risque de propagation régionale et de transmission transfrontalière. L'OMS avait déclaré l'épidémie comme urgence de santé publique de portée internationale le 16 mai, et le relèvement du niveau de risque au maximum témoigne de l'accélération de la crise.
