Les partisans du régime iranien sont descendus en masse dans les rues jeudi à l'occasion de la fête chiite d'Al-Ghadir, une mobilisation qui intervient après quarante jours de bombardements et deux mois d'un cessez-le-feu encore précaire. Selon France 24, ce rassemblement a aussi coïncidé avec la mise en avant d'un nouveau dirigeant censé poursuivre la voie tracée par son prédécesseur à la tête du pays.
Au coeur de cette journée figurait un message attribué à Mojtaba Khamenei, présenté comme le nouveau guide suprême de la République islamique. Ce message a été lu dans le mausolée consacré à l'Ayatollah Khomeini, fondateur du régime, au moment où l'Iran commémore le trente-septième anniversaire de sa mort, un cadre hautement symbolique soigneusement choisi par les autorités.
Le contenu du message se voulait offensif et déterminé. L'ennemi malveillant, après avoir essuyé un coup décisif tant sur le champ de bataille que dans les rues, subit une humiliation profonde et cuisante, affirme le texte rapporté par France 24. La formule cherche à présenter la période récente comme une épreuve dont le pouvoir iranien serait finalement sorti renforcé.
Dans ce même message, Mojtaba Khamenei appelle la population iranienne à la cohésion afin de continuer à faire face à ce qu'il désigne comme les ennemis américains et israéliens. L'accent mis sur l'unité nationale traduit la volonté du régime de resserrer les rangs au lendemain d'un conflit qui s'est étalé sur plusieurs semaines et a laissé le pays sous tension.
Le nouveau dirigeant n'est toujours pas apparu en public depuis sa nomination comme guide suprême au mois de mars, une absence prolongée qui nourrit les interrogations sur la conduite réelle du pouvoir. Selon France 24, cette nomination est intervenue après l'élimination de son père et prédécesseur, ce qui confère à sa prise de fonction un contexte particulièrement lourd et inhabituel.
France 24 analyse cette séquence comme un exercice de propagande organisé dans un lieu très symbolique pour le régime. L'objectif, selon la chaîne, serait d'affirmer que les coups portés au pouvoir et l'élimination de nombreuses figures dirigeantes n'ont pas fait vaciller les institutions iraniennes ni remis en cause la légitimité revendiquée par leurs responsables.
Pour les autorités iraniennes, l'enjeu est aussi de démontrer un soutien populaire intact malgré les épreuves traversées. D'après le reportage, la guerre et la résistance auraient, pour une partie de la population, ouvert de nouvelles perspectives, et le pouvoir assure que les Iraniens soutiennent véritablement le dirigeant du pays. La célébration d'Al-Ghadir a ainsi servi de démonstration de mobilisation collective.
