Le Festival de Cannes 2026 fait face a des accusations de pinkwashing apres avoir choisi comme affiche officielle Thelma et Louise, le film feministe culte de 1991 avec Geena Davis et Susan Sarandon, alors que la parite reste un objectif lointain dans sa selection. Sur les 22 films en competition officielle cette annee, seulement 5 sont realises par des femmes, un chiffre qui alimente les critiques.
L'actrice Cate Blanchett a apporte sa voix au debat en estimant que le mouvement MeToo a ete etouffe trop rapidement. Sur les plateaux de tournage, elle dit faire encore le compte chaque matin et constater un desequilibre flagrant: 10 femmes pour 75 hommes. Le patron du festival a defendu le choix de l'affiche, rejetant l'idee de se faire une image feministe a peu de frais.
En plein festival, une proposition de loi inspiree du mouvement MeToo dans le secteur culturel a ete deposee a l'Assemblee nationale. Le texte prevoit des mesures concretes: l'interdiction de la nudite lors des castings, la protection des lanceurs d'alerte qui denoncent des abus, et le renforcement des garanties pour les acteurs mineurs travaillant dans l'industrie du spectacle.
Ces mesures sont reclamees de longue date par les professionnels du secteur. Un rapport parlementaire avait prealablement etabli l'ampleur systemique des violences sexuelles dans l'industrie culturelle francaise, documentant des abus qui touchent l'ensemble de la chaine de production, des castings aux tournages en passant par les etapes de post-production.
Le debat depasse les frontieres du cinema pour toucher l'ensemble du secteur culturel francais. Alors que Cannes reste le rendez-vous incontournable du cinema mondial, la question de la representation des femmes et de leur protection contre les violences reste un sujet brulant qui interroge les fondements memes d'une industrie longtemps dominee par des rapports de pouvoir desequilibres.










