Les frappes de drones menees par les mercenaires russes du groupe Africa Corps et l'armee reguliere malienne sur la ville de Kidal ont jete sur les routes de l'exil des milliers de Maliens. Selon le gouvernement mauritanien, plus de 400 000 refugies maliens vivent desormais dans le pays, un chiffre qui ne cesse d'augmenter a mesure que les violences se poursuivent dans le nord du Mali.
Le camp de refugies de Mbera, situe a l'est de la Mauritanie, est devenu le premier point d'accueil pour les familles fuyant les massacres. Mais les conditions y sont rapidement devenues intenables. L'assistance est vraiment insuffisante, temoigne un refugie, qui explique que les distributions se limitent a 5 kilos de riz par mois pour des familles nombreuses qui consomment cette quantite en une seule journee.
La situation s'est dramatiquement aggravee depuis la suspension des aides americaines qui maintenaient le camp a bout de bras. Cet exode est devenu massif, poussant de nombreuses familles a quitter Mbera pour la capitale Nouakchott, a plus de 1000 kilometres. A la peripherie de la ville, des familles s'entassent sous des tentes de fortune, accueillies par la solidarite de la communaute malienne deja installee.
Abdou Rahman, un doyen de la communaute malienne a Nouakchott, a vu arriver plus de 200 personnes chez lui ces derniers jours. Le seul travail que les refugies peuvent trouver est le gardiennage, mais parfois ils cherchent des mois sans rien trouver. La solidarite s'organise comme elle peut, avec des boutiques du centre-ville qui reversent une partie de leurs recettes aux familles en difficulte.
Les perspectives d'amelioration restent minces. Les refugies expriment unanimement le souhait de pouvoir retourner chez eux au nord du Mali, mais la presence des mercenaires russes et la poursuite des operations militaires rendent ce retour impossible dans l'immediat. La crise humanitaire au Sahel continue de s'aggraver dans une relative indifference internationale, alors que les financements se tarissent et que les besoins explosent.










