Depuis l'instauration d'une zone de defense avancee au sud du Liban apres le cessez-le-feu du 19 avril, l'armee israelienne a entrepris des operations de demolition a grande echelle dans 55 villages desormais interdits d'acces aux civils. Si l'objectif officiel est d'eradiquer les infrastructures du Hezbollah, des lieux de culte, des sites historiques et des elements du patrimoine culturel libanais ont egalement ete detruits, selon une enquete diffusee par France 24.
Parmi les sites les plus symboliques touches figure le sanctuaire de Shamoun al-Safa, un lieu de pelerinage chiite qui, selon la tradition, abriterait la tombe de Saint-Pierre et daterait de la fin du XIe siecle. Le site avait deja ete endommage en novembre 2024 et partiellement restaure par des habitants. Cependant, des images satellites montrent desormais que le sanctuaire a ete totalement rase par les operations militaires israeliennes.
A Yaron, une pelleteuse de l'armee israelienne a ete filmee en train de demolir un couvent qui abritait egalement une ecole. L'armee avait initialement affirme que le batiment n'avait pas ete detruit, presentant comme preuve la photo d'un dispensaire adjacent encore intact. Or, les images obtenues par France 24 montrent clairement que le couvent et l'ecole sont bien detruits, tandis que seul le dispensaire est reste debout.
Dans le village d'Alcantara, c'est la mosquee historique qui a ete detruite lors d'explosions massives debut mai. L'ONG libanaise Green Southanus documente systematiquement ces atteintes au patrimoine de la region. A Al-Taybe, de puissantes explosions ont eu lieu de part et d'autre d'un ancien puits, suscitant l'inquietude des defenseurs du patrimoine, bien que l'armee israelienne assure ne pas avoir vise cette structure.
Contactee par France 24, l'armee israelienne maintient que ces operations visaient exclusivement des infrastructures du Hezbollah. Elle affirme que le sanctuaire de Shamoun al-Safa et la mosquee d'Alcantara etaient des sites utilises par le mouvement arme libanais, et que le couvent de Yaron n'a subi que des degats mineurs, une affirmation contredite par les images disponibles. Cette destruction du patrimoine culturel souleve de serieuses questions au regard du droit international humanitaire.










