Le pape Léon XIV s'est rendu samedi 23 mai à Acerra, dans la région de Naples, connue sous le nom de Terra dei Fuochi ou Terre des Feux. Cette zone est tristement célèbre pour ses nombreuses décharges et sites d'incinération illégale de déchets toxiques, opérés par la mafia depuis la fin des années 1980, qui ont entraîné la pollution des sols et des nappes phréatiques.
Sur place, le pape a rencontré des familles qui ont perdu des proches à cause de cette pollution environnementale. De nombreuses familles lui ont présenté des photographies et des souvenirs d'enfants et de jeunes décédés ou en lutte contre le cancer, des maladies liées à un racket criminel de plusieurs milliards d'euros géré par la mafia.
Dans son discours aux familles et au clergé local, Léon XIV a déclaré être venu avant tout pour essuyer les larmes de ceux qui ont perdu des êtres chers, tués par la pollution environnementale causée par des individus et des organisations sans scrupules qui ont pu agir trop longtemps en toute impunité. Il a appelé à démanteler une culture du privilège, de l'arrogance et de l'absence de responsabilité.
La Cour européenne des droits de l'homme avait validé l'année dernière les plaintes des habitants, confirmant que les déversements, enfouissements et brûlages de déchets toxiques par la mafia avaient entraîné un taux accru de cancers et d'autres pathologies dans une zone de 90 municipalités autour de Caserte et Naples, englobant une population de 2,9 millions de personnes.
La visite du pape dans la Terre des Feux intervient à la veille du 11e anniversaire de l'encyclique écologique Laudato Si du pape François, signalant l'engagement de Léon XIV à poursuivre l'agenda environnemental de son prédécesseur. Cette démarche s'inscrit dans la vision de l'écologie intégrale, qui prend en compte non seulement la nature mais aussi l'être humain et ses conditions de vie.










